La lecture d'un roman jette sur la vie une lumière.
— Louis Aragon

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dimanche 14 janvier 2018

Paris est tout petit de Maïté Bernard - Chronique n°393

Titre : Paris est tout petit 
Auteure : Maïté Bernard
Genre : YA 
Editions : Syros
Lu en : français
Nombre de pages : 376

Résumé : Inès a 17 ans et un objectif : être admise à Sciences Po après le bac. Elle vient de trouver un job de femme de ménage chez les Brissac, dans le 7e arrondissement de Paris, mais elle n’avait pas prévu le coup de foudre entre elle et Gabin, le fils aîné de ses employeurs. «Paris est tout petit pour ceux qui s’aiment, comme nous, d’un aussi grand amour. » Cette phrase de Prévert devient leur credo. Mais ils sont loin de se douter de ce qu'il reste à venir. Dès lors, leur histoire et la ville qui les entoure prennent d’autres couleurs, celles de l’après.

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Un grand merci aux éditions Syros et en particulier à Véronique pour cet envoi !

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Oui, je sais, cette couverture, ce résumé, tout crie la romance cliché et désespérément prévisible.
MAIS.
Fort heureusement, ce livre est bien plus que cela. 

Les premières pages, il faut l'avouer, peuvent faire peur, notamment la scène du baiser dans l'ascenseur après un échange humain d'une durée de deux minutes environ.
Je veux bien croire au coup de foudre - encore que -, mais vraiment, deux minutes. Non. Quand même. 

Dans les premiers chapitres, la voix d'Inès, la narratrice, reste par ailleurs assez immature, assez "explicative" dans le sens où elle décrit précisément tout ce qu'elle ressent, et le style d'écriture s'en ressent malheureusement. Le début du roman, la présentation des personnages, de leurs caractéristiques, du rêve d'Inès d'intégrer Sciences Po, les quelques dialogues qui soulignent l'évidence du gouffre entre Gabin et Inès sont donc clairement les moins bons passages du roman. Tout est encore très prévisible et démonstratif, assez lourd en fait, mais n'ayez crainte, cela ne dure pas. 

Très vite en effet, le texte commence à s'améliorer, l'écriture et l'héroïne gagnent ensemble en maturité, et le récit prend des tournants inattendus, de façon subtile d'abord, puis complètement surprenante, voire bouleversante - c'est pourquoi je vous recommande d'éviter tout résumé trop détaillé. Ce revirement et ce changement de tonalité font progressivement du roman un ouvrage bien plus sombre, certes, mais aussi et surtout plus complexe, plus touchant, plus intéressant en somme. 

Paris est tout petit parvient à tirer son épingle du jeu en créant son atmosphère et ses enjeux propres, que ce soit en cherchant à donner vie à son décor, Paris, ou en insistant sur des émotions et des sujets durs et émouvants. Sans jamais verser dans des lieux communs, il offre des représentations très pertinentes du choc, du deuil, du passage à l'âge adulte, de l'éloignement, tout à fait judicieuses à soumettre à un public adolescent à mon humble avis. 

Un autre aspect particulièrement satisfaisant du roman est l'évolution de ses protagonistes, le fait qu'ils ne soient pas condamnés à rester figés sur leurs cases de départ respectives. Non, ici, les personnages sont bel et bien affectés par les événements décrits et s'adaptent en conséquence. Inès de la page 1 et Inès de la page 400 partagent bien entendu un même tempérament et sont cohérentes l'une par rapport à l'autre, mais sont fondamentalement différentes du point de vue de leurs expériences, de leur vision du monde, de leurs priorités. 

Paris est tout petit est donc une très belle surprise, un roman qui se révèle petit à petit dans toute sa diversité et sa complexité, dans les thèmes qu'il aborde, les personnages qu'il développe ou les décors qu'il investit. Un texte émouvant et réaliste que l'on dévore en un rien de temps, et qui se lance dans une démarche ô combien appréciable de réconciliation et d'apaisement, loin de tout sensationnalisme ou mélodrame, malgré quelques poncifs dans sa première partie, vite oubliés cependant. Loin de nier les différences ou les incompréhensions qui peuvent meurtrir une société ou des individus, il cherche simplement à mettre en valeur l'empathie, la tolérance, le respect. Et c'est tout sauf niais, au contraire, c'est sans doute la meilleure chose à transmettre à un public adolescent.  

(Réaliste si on exclut ce baiser dans l'ascenseur argh)

9 commentaires:

  1. Ben moi j'ai ri quand j'ai vu "Sciences Po" parce que je ne suis qu'une sale gamine ;)

    Bon sinon j'sais pas trop si il me tente celui-là... Peut-être que les romances ados c'est du passé pour la vieille femme que je suis.

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    1. Ah oui effectivement là sur l'échelle de la gaminerie on est sur un bon 21 x) <3
      Justement ça s'éloigne beaucoup de la romance ado quand l'intrigue avance (et c'est pour ça que j'ai aimé et que je regrette la couverture haha)

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  2. C'est bien parce que tu le rends intéressant que j'envisage de le lire, c'est vrai que le résumé est très cliché XD pourquoi pas, donc :)

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    1. En fait ce sont vraiment les premiers chapitres qui sont "romance", le reste aborde une thématique beaucoup plus sombre et s'éloigne plus des sentiers battus :)

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  3. Je crois qu'a force les coup de foudre en deux minutes - montre en main-, commencent à nous agacer fortement :D

    Parfois les résumés gâchent un peu tout... Mais ton avis rehausse le tout et me rend curieuse ! Il me fait un peu penser à "Anna et the french kiss" <3

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  4. Ah le baiser dans l'ascenseur ^^ Je suis comme toi, déçue par lui ! Mais sinon j'ai beaucoup aimé aussi et trouve ton analyse très juste.

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    1. Oui j'ai vraiment eu peur au début, heureusement que ça évolue par la suite ! Mais je regrette vraiment cette introduction et ce résumé, je trouve que c'est vraiment faire mauvaise publicité au roman...

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  5. Je me le note mais il ne sera pas une priorité d'achat.

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    1. Sache en tout cas qu'il ne correspond pas à ce que la couverture laisse présager !

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