La lecture d'un roman jette sur la vie une lumière.
— Louis Aragon

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mardi 31 mai 2016

BLOGANNIVERSAIRE – 2 ans !

Bonjour à tous !

Je viens de réaliser qu'il y a deux ans tout juste, je créais cet humble blog... Et j'ai eu envie de publier ce court article, tout simplement pour satisfaire l'éternel cliché des remerciements ! 

En deux ans, ce blog a pris une importance considérable dans ma petite vie, m'a permis de faire vivre et d'amplifier encore ma passion pour la lecture, et surtout de rencontrer un certain nombre de lecteurs et de lectrices adorables avec lesquels je ne me lasse pas d'échanger. Lorsque j'ai créé mon compte Blogger, il y a deux ans – alors que je passais mon brevet, cela date fortement –, je ne m'attendais pas vraiment à une telle longévité, à une telle passion ! 

*instant émotion*

Je remercie mes six maisons d'édition partenaires pour la confiance qu'ils accordent à Mademoiselle Bouquine, ainsi que tous les blogueurs qui me suivent et que je suis, pour leurs conseils et leurs réactions toujours motivantes, dont certains sont devenus de véritables amis, et plus largement chacun des internautes s'étant aventuré sur ce site, ne serait-ce qu'une seconde.
Enfin, j'espère que vous restez dans l'ensemble plus d'une seconde sur ce blog. Mais vous m'avez comprise.

Tous contribuez à ce bric-à-brac de chroniques qu'est Mademoiselle Bouquine, tous supportez avec une certaine indulgence mon humour douteux et mes envolées lyriques. 
Mais que d'amour.

Loin de me lasser de ce blog, je ne suis que plus enthousiaste avec le temps qui passe, et j'espère pouvoir continuer cette belle aventure le plus longtemps possible. Je fourmille de projets, d'ambitions, et j'espère bien pouvoir les concrétiser en votre compagnie !

À très vite,
— Capucine

lundi 30 mai 2016

C'est Lundi, que lisez-vous ? [35]

Bonjour à tous !

C'est Lundi, que lisez-vous ?

Rendez-vous créé par Mallou qui s'est inspirée de It's Monday, what are you reading ? de One Person's Journey Through a World of Books. Le récapitulatif des liens se fait sur le blog de Galleane

Ce que j'ai lu la semaine dernière...

Encore une semaine où je me suis quelque peu lâché livresquement parlant, avec cinq romans achevés. Résultat des courses, beaucoup de belles découvertes, mais également beaucoup de chroniques en retard à rédiger !

Il ne me reste qu'une microscopique et insignifiante semaine et demie avant d'être enfin libérée de mon bagne lycée. Après cela, je serai entièrement libre pour lire de tout mon saoul. À l'exception peut-être de quelque chose, mi-juin, là... Ha oui. Le bac.
Sœurs Sorcières tome 3 de Jessica Spotswood : une suite divertissante et globalement bien menée, qui apporte un dénouement satisfaisant à cette saga plutôt réussie !
La Prochaine fois ce sera toi de Vincent Villeminot : un thriller original et entraînant, dont j'ai apprécié l'atmosphère sombre à souhait !
La Maison des Intentions Particulières de John Boyne : un roman captivant, qui transporte son lecteur à travers les époques, de la cour du tsar de 1917 aux années 80, en passant par le Londres bombardé de 1941, à travers le destin d'un personnage auquel on a tout simplement envie de faire d'énormes câlins tant il déborde d'adorabilité.

Et oui, ce sous-titre est terriblement niais, et fait penser à un Harlequin. Mais ce n'est pas le cas du livre.
Luna Viva – Le Tournoi des Voyantes d'Aurélie Benattar : un roman dont j'ai apprécié la grande vivacité et le caractère original ! J'ai passé un très bon moment en compagnie de Luna, une héroïne touchante.
Bérénice 34-44 d'Isabelle Stibbe : un autre roman historique, qui nous fait partager l'existence d'une jeune sociétaire juive de la Comédie-Française... pendant la Seconde Guerre mondiale. Et qui est aussi génial qu'il en a l'air.

Ce que je suis en train de lire...
The Trials of Apollo book 1 – The Hidden Oracle de Rick Riordan – VO : j'aime beaucoup les romans de cet auteur, qui peuvent se lire à n'importe quel âge, portés par un humour sans faille et un contexte mythologique toujours très séduisant. Dans ce nouveau cycle, le lecteur découvre le dieu Apollon réduit à l'état de simple mortel, une punition de Zeus après la trahison d'Octave, un descendant du dieu du soleil. Un tome très réussi...
Le Problème Spinoza d'Irvin Yalom : un roman dont j'ai entendu énormément de bien, et qui possède un synopsis en un mot alléchant : comment Goethe, le célèbre poète allemand, peut-il être adulé par Rosenberg, un homme profondément convaincu par l'idéologie nazie... alors qu'il était lui-même un fervent admirateur du philosophe juif Spinoza ?

Ce que je compte lire ensuite... 
The Wrath and the Dawn de Renee Ahdieh – VO : une réécriture de Shéhérazade, parue en français sous le titre Captive, et dont je n'ai entendu que du bien ! 
Phobos Origines de Victor Dixen : non, je sais, ce roman n'est pas encore sorti. Mais il le sera jeudi. Et j'ai déjà prévu de courir en toute hystérie à ma librairie dès demain pour m'assurer qu'ils l'auront bien en stock le jour de sa parution, puis pour procéder à la cérémonie d'achat dès le 2 juin. C'est compliqué, mais je m'y retrouve. Et j'aurai ce livre.

Qu'est-ce que l'on ne ferait pas par amour pour un livre ?
La Loi du Cœur d'Amy Harmon : même logique. Je ne l'ai pas. Mais je l'aurai. 

Sur ce, je vous souhaite une excellente semaine, pleine d'amour, de joie et de chocolat.
Et de pluie.

samedi 28 mai 2016

Bérénice 34-44 d'Isabelle Stibbe — Chronique n°204

"Elle devait jouer, c'était vital, c'était la seule valeur qui importait, elle devait continuer à honorer la Maison qui l'avait accueillie dans son sein."

"Que leur vie eût été infime ou grandiose, peu importe, elle aurait été et on n'avait pas le droit de la leur prendre."

Titre : Bérénice 34-44
Auteure : Isabelle Stibbe
Genre : Historique
Éditions : Le Livre de Poche
Lu en : français
Nombre de pages : 353
Résumé : 1934. Malgré l’hostilité de ses parents, Bérénice, 15 ans, est admise au Conservatoire, dans la classe de Louis Jouvet. Sa vie est désormais rythmée par l'apprentissage des grands rôles du répertoire et par ses rencontres avec des acteurs de renom... Trois ans plus tard, elle entre à la Comédie-Française et prend le nom de Bérénice de Lignières. Rien ne peut entacher son bonheur, ni la montée du fascisme en Europe, ni les rivalités professionnelles ou amoureuses. Mais au tout début de l’Occupation, avant même la promulgation des lois raciales, la maison de Molière exclut les Juifs de sa troupe. Dénoncée par une lettre anonyme, Bérénice – son père est d'origine juive – est rattrapée par son passé. Sous les ors et velours de la Comédie-Française va se jouer un drame inédit, celui d'une actrice célèbre, prise au piège d'une impitoyable réalité. Un premier roman maîtrisé et captivant, lauréat de nombreux prix.

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Il y a ces romans, qui ont l'air excellents, mais qui s'avèrent décevants.
Il y a au contraire ceux qui n'ont pas l'air exceptionnels, mais qui se le révèlent.
Et puis...
Il y a ceux qui, non contents de paraître géniaux, ont le bon goût de l'être. 

Vous l'aurez compris, Bérénice 34-44 appartient à cette dernière catégorie. À peine découvert, à un salon du livre auquel j'ai d'ailleurs eu la chance de rencontrer l'auteure, à peine l'avais-je entamé. Je pense sincèrement avoir eu le temps de terminer le premier chapitre avant même de quitter les lieux du salon, en bonne névrosée livresque. Et en l'espace d'une journée, j'en avais déjà fini avec ce roman en un mot passionnant ! 

Le résumé vous intrigue, vous fait saliver ? C'est normal, cela signifie que vous êtes humain. Vous craignez peut-être de placer trop d'attentes en cette histoire prometteuse. Détrompez vous, mes braves. 
Dès les premières pages, l'histoire de Bérénice, une jeune fille passionnée de théâtre dès son plus jeune âge qui ne rêve que d'en faire son métier, capte l'intérêt du lecteur, et il est absolument impossible de reposer ce roman tant que l'on ne connaît pas le fin mot de l'histoire. La dizaine d'années que nous passons en compagnie de Bérénice suffit à nous attacher fortement à cette héroïne, et comble largement la moindre de nos attentes. J'ai été séduite par la plume de l'auteure, qui parvient à transcrire avec une grande justesse les sentiments de son héroïne, ainsi que de ses personnages secondaires, et à recréer l'atmosphère si particulière de cette époque, entre tension et espoir.

Bérénice 34-44 permet de découvrir des aspects plutôt méconnus de la Seconde Guerre mondiale, en décrivant la vie des comédiens, et même des artistes en général, au cours de ce conflit. La reconstitution historique est d'une richesse remarquable : les noms, les décors et les situations éveillent nos sens et nous transportent, le déroulement de l'intrigue est d'une fluidité exemplaire... Le contexte de la guerre n'étouffe pas l'histoire de Bérénice en elle-même, laissant place à de magnifiques réflexions sur le théâtre, et à de beaux portraits de personnages.

En bref, vous l'aurez compris, j'adhère, j'adore, j'adule. Un roman délicieux, qui nous fait vivre le destin inoubliable d'une héroïne hors-normes, et qui saura sans aucun doute vous enchanter si vous éprouvez le moindre intérêt pour cette période historique, ou pour l'univers du théâtre. 

Note attribuée : 9,5/10

jeudi 26 mai 2016

La Brigade de l'Ombre tome 1 – La Prochaine fois ce sera toi de Vincent Villeminot — Chronique n°203

"Elle avait éprouvé quelques secondes cette idée de n'être que biologie, un corps intègre, composé d'organes vivants, de muscles intacts, d'un réseau de sang, protégé par un épiderme dérisoire, et qui allait être mis en pièces, dispersé - le sentiment brutal, poignant d'être vivant qu'expérimentent avec une intensité inconnue ceux qui s'apprêtent à mourir."

Titre : La Brigade de l'Ombre
Auteur : Vincent Villeminot
Genre : Thriller
Éditions : Casterman
Lu en : français
Nombre de pages : 312
Résumé : Fleur vérifia sur son téléphone : son père ne lui avait laissé aucun message. C'était curieux, ces trois appels successifs. Pourtant, elle décida de faire la morte. La morte... Une étrange façon de parler, à bien y réfléchir. Et glaçante, quand on l'associait aux coups de fil du commissaire Markowicz. Son père. Pour qui le pire était toujours sûr.

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Un grand merci aux éditions Casterman pour cet envoi ! 

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Ayant conservé un excellent souvenir de la plume de Vincent Villeminot grâce à son excellent U4 – Stéphane, j'étais ravie de pouvoir découvrir ce dernier titre, dont le résumé extrêmement sibyllin m'intriguait terriblement. Tout au plus savais-je qu'il s'agissait d'un thriller ! 

J'ai été très agréablement surprise par les ingrédients divers et variés que l'auteur a incorporés à son intrigue – aussi ne vous en dévoilerai-je pas la teneur ! Sachez simplement que vous ne devez pas vous attendre à un policier classique, qui n'impliquerait que des éléments totalement rationnels. On est souvent dans la surprise, dans l'interrogation. On est lentement immergé dans un monde sournois et déstabilisant, rempli de personnes pas tout à fait recommandables, et cette découverte se fait dans une délicieuse surprise.

Les enjeux de l'enquête sont peut-être un peu longs à se mettre en place, mais une fois l'intrigue lancée pour  de bon, il est difficile de ne pas se sentir impliqué dans l'histoire proposée par l'auteur. Des chapitres courts et une plume efficace facilitent encore cette plongée, condamnant presque le lecteur à ne plus se sortir du roman avant de l'avoir terminé ! 

La brigade de policiers avec laquelle le lecteur apprend à faire connaissance est imparfaite, bancale, constituée majoritairement – il faut se l'avouer – de névrosés. Et pourtant étrangement attachante. Ces personnages m'ont en effet beaucoup plu, justement grâce à leur caractère atypique et à la grande diversité des caractères décrits. On alterne entre différents points de vue avec une grande fluidité, permettant à l'histoire de se dérouler de façon très entraînante, même s'il est vrai que certains passages sont parfois un peu poussifs, tandis que d'autres sont au contraire très, voire trop denses. Le lecteur reste tout de même dans le flou tout au long de sa lecture, et il n'est pas vraiment en mesure de se livrer au plus grand plaisir d'un livre du genre : démasquer le méchant !

Le tout fonctionne bien, le dénouement est tout à fait satisfaisant, un peu rapide sans doute, mais intelligent et vif. Je suis séduite par les idées de l'auteur, malgré les petits bémols évoqués plus haut, et ne peux que vous recommander cet ouvrage si vous souhaitez avoir affaire à un thriller différent, ou même faire découvrir ce genre de manière nouvelle à un jeune lecteur !

En bref, un thriller fantastique porté par de très bonnes idées et des personnages complexes et tout sauf manichéens, idéal pour de jeunes – ou moins jeunes – lecteurs. L'auteur sait jouer avec les nerfs de ses lecteurs, et nous livre ici un très bon début de saga, entre frisson et fascination. Peut-être l'intrigue aurait-elle pu sortir plus encore des sentiers battus, et le rythme être un peu plus équilibré, mais le tout reste très agréable à découvrir.

Note attribuée : 8/10 : Vivement la prochaine enquête !

mercredi 25 mai 2016

Un Événement digne d'intérêt de Sara Barnard — Chronique n°202

Titre : Un Événement digne d'intérêt
Auteure : Sara Barnard
Genre : Contemporain
Éditions : Casterman
Lu en : français
Nombre de pages : 451
Résumé : Avant mon dix-septième anniversaire, je dois absolument :


1/ me trouver un vrai petit ami
2/ vivre un Événement Digne d'Intérêt

J'ai élaboré une théorie très précise au sujet des Événements Dignes d'Intérêt : tout le monde en vit tôt ou tard, mais certains davantage que d'autres. Mois j'attendais toujours mon premier Événement Digne d'Intérêt.

Et c'est précisément ce qui est arrivé, l'air de rien, sans que je ne voie rien venir. 


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Un grand merci aux éditions Casterman pour cet envoi !

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La réception de ce roman était pour moi une surprise complète, et je me suis lancée dans ma lecture sans avoir reçu aucun écho à son propos, en n'ayant que vaguement lu le résumé. Très rapidement, j'ai été prise par la narration fluide, pour terminer cette histoire en moins de vingt-quatre heures. Et si certains points auraient mérité d'être plus approfondis, le roman dans sa globalité reste très agréable à découvrir.

Le roman décrit l'année de seconde de Caddy et Rosie, meilleures amies depuis leur enfance, qui accueillent une troisième amie, Suzanne, qui agace dans un premier temps Caddy, avant de susciter sa fascination. Rapidement, la relation de ces deux dernières gagne en profondeur, les amenant à se plonger de plus en plus profondément dans les existences de chacune... Jusqu'à quel point ? 

La plume de l'auteure, si elle peut manquer parfois d'élégance, reste indéniablement fluide et facile à suivre. On enchaîne les chapitres sans s'en rendre compte, séduit par la légèreté du texte, et soucieux de l'évolution de l'intrigue. 

J'ai cependant deux réserves majeures à propos de ce roman. La première d'entre elles est tout simplement l'héroïne, Caddy – comment peut-on s'attacher à un personnage lorsque la première image qui vient à l'esprit en lisant son nom est un Caddie de supermarché ? –, dont le comportement m'a parfois rendue folle. Elle agit de façon souvent incohérente, assez égoïste, et se plaint un peu trop fréquemment, à propos de sa vie prétendument fade et de son uniforme vert pomme principalement, pour constituer une figure véritablement attachante.
Je regrette également le manque de... piquant de l'histoire. Tous les ingrédients essentiels y figurent, les idées de l'auteure sont intéressantes, mais le tout est malheureusement trop répétitif, et pas assez intense pour satisfaire pleinement son lecteur. 

Globalement, ce livre se tient, l'histoire est plutôt bien construite, avec un certain nombre de révélations et autres bifurcations qui jalonnent agréablement le texte. L'intrigue est bien choisie, et intelligemment développée à son auteure. Je retiendrai Un Événement digne d'intérêt comme une lecture très prenante, que je suis heureuse d'avoir pu découvrir. Il ne manquait qu'une étincelle de passion, de justesse, pour en faire un titre excellent !

Note attribuée : 7/10 : une lecture par laquelle il est facile de se laisser happer, qui divertira et piquera l'intérêt de son lecteur. Une histoire d'amitié adolescente qui révèle plutôt bien la complexité des sentiments qui peuvent nous agiter, nous autres créatures entre deux âges, même s'il est vrai qu'elle aurait mérité plus d'intensité et de profondeur.



mardi 24 mai 2016

Les Derniers jours de nos pères de Joël Dicker — Chronique n°201

"— Tu sais pourquoi j'aime bien la guerre?
— Non.
— Parce que, quand ça s'arrêtera, on aura tous une deuxième chance d'exister."


Titre : Les Derniers jours de nos pères
Auteur : Joël Dicker
Éditions : De Fallois
Lu en : français
Genre : Historique
Nombre de pages :  450
Résumé : Londres, 1940. Soucieux de pallier l'anéantissement de l'armée britannique à Dunkerque, Winston Churchill a une idée qui va changer le cours de la guerre : créer une branche noire des services secrets, le Special Operation Executive (SOE), chargée de mener des actions de sabotage et de renseignement à l'intérieur des lignes ennemies et dont les membres seraient issus des populations locales pour être insoupçonnables. Du jamais vu jusqu'alors.

Quelques mois plus tard, le jeune Paul-Émile quitte Paris pour Londres dans l'espoir de rejoindre la Résistance. Rapidement recruté par le SOE, il est intégré à un groupe de Français qui deviendront ses compagnons de coeur et d'armes. Entraînés et formés de façon intense aux quatre coins de l'Angleterre, ceux qui passeront la sélection se verront bientôt renvoyés en France occupée pour contribuer à la formation des réseaux de résistance. Mais sur le continent, le contre-espionnage allemand est en état d'alerte...



L'existence même du SOE a été longtemps tenue secrète. Soixante-cinq ans après les faits, Les Derniers Jours de nos pères est un des premiers romans à en évoquer la création et à revenir sur les véritables relations entre la Résistance et l'Angleterre de Churchill.


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J'ai toujours été fascinée par la Seconde Guerre mondiale, et donc par tout ce qui se rapporte à cette période de près ou de loin. J'engloutis ainsi depuis des années un certain nombre de livres qui s'y intéressent... et le dernier en date est Les derniers jours de nos pères, le premier roman de Joël Dicker, que vous connaissez sans doute pour La Vérité sur l'affaire Harry Quebert. Ce fut une lecture plutôt agréable à découvrir, même si je garde quelques réserves.

Ce roman s'intéresse au SOE, une branche des services secrets britanniques créée par Churchill lui-même pendant la Seconde Guerre mondiale, afin de lutter contre les Allemands par la biais de sabotages, d'opération de renseignement ou d'espionnage... On découvre cette organisation passionnante à travers le destin de Paul-Émile, jeune Parisien recruté par le SOE, et de ses plus fidèles compagnons, qui opèrent à ses côtés, de leur formation à leurs missions les plus périlleuses.

J'ai tout de suite accroché à l'histoire, captivée par la fidèle reconstitution historique réalisée par Joël Dicker. Cet auteur joue avec les points de vue de façon on ne peut plus maîtrisée, nous faisant suivre de nombreux personnages souvent très attachants. Les enjeux de l'intrigue se posent en quelques chapitres à peine, et on se retrouve très facilement entraîné par le destin des protagonistes.

L'écriture de Joël Dicker, souvent louée pour sa fluidité, a certes été un atout pour entrer dans le roman, mais ne m'a pas entièrement convaincue. Loin de moi l'envie de démonter cet auteur très talentueux, disons simplement que j'ai parfois trouvé sa plume assez inégale, hachée, avec des passages très familiers et d'autres exagérément soutenus, trop pesants. 

De plus, j'avoue avoir déchanté en entamant la seconde moitié du roman, pour différentes raisons. Les ficelles se font bien grossières, le côté inégal de l'écriture qui ne me transportait pas vraiment s'intensifie, l'intrigue piétine. Ma lecture est restée rapide et intéressante, mais est devenue moins... enthousiasmante.
Le dénouement a été une autre source de déception pour moi, avec plusieurs coïncidences assez énormes, et un épilogue dont j'attendais réellement autre chose. J'ai refermé ce livre avec un sentiment de pessimisme, de désillusion, alors que j'attendais une bouffée d'espoir. Sans rien dévoiler, disons simplement que j'ai trouvé l'auteur cruel dans certains de ses choix, et à mes yeux, il n'a pas forcément transmis les meilleurs messages possibles.

En bref, un roman très intéressant d'un point de vue historique, qui permet de découvrir un aspect pas forcément parmi les plus connus de la Seconde Guerre mondiale, et qui s'avère pourtant passionnant ! Si certains passages étaient plus poussifs, et le dénouement assez décevant, j'ai tout de même bien apprécié ma lecture.

Note attribuée : 7/10

lundi 23 mai 2016

C'est Lundi, que lisez-vous ? [34]

C'est Lundi, que lisez-vous ?

Rendez-vous créé par Mallou qui s'est inspirée de It's Monday, what are you reading ? de One Person's Journey Through a World of Books. Le récapitulatif des liens se fait sur le blog de Galleane

Ce que j'ai lu la semaine dernière...

Encore une semaine faste, avec six romans terminés ces derniers jours. J'étais tout simplement si soulagée d'avoir survécu à mes seconds oraux blancs de français que j'ai englouti assez frénétiquement des centaines et des centaines de pages. Et c'était vraiment bien. Pour tout vous dire, je crois que plus le temps passe, plus j'aime lire.
Cette information était absolument inutile. Tant pis.
La Sélection tome 5 – La Couronne de Kiera Cass : Je pourrais malheureusement résumer mon avis à trois mots : déception, ennui, et superficialité. L'auteure a sombré dans la facilité, bâclant son roman en moins de 300 pages, et ne réinvestissant que peu des éléments qui faisaient l'intérêt et le piquant de sa saga.
Jungle Park de Philippe Arnaud : un roman de science-fiction profondément original, véhiculant une réflexion frappante sur l'avenir qui attend notre planète. L'histoire est parfois un peu difficile à suivre, mais les idées de l'auteur restent convaincantes !
The Memory Book de Lara Avery : un roman bouleversant, dans lequel on suit une jeune fille atteinte d'une maladie dégénérative qui affecte notamment sa mémoire... Un beau livre à l'écriture sensible, qui m'a m'a même fait verser quelques larmes !
La Part des Flammes de Gaëlle Nohant : un roman historique dont l'intrigue se déroule à Paris, en 1897, et dont les personnages attachants, la réflexion sur la place de la femme et l'écriture élégante ont su me séduire !
Les Derniers Jours de nos pères de Joël Dicker : un roman riche et bien documenté sur la Seconde Guerre mondiale qui m'a bien plu, dont j'ai cependant moins apprécié la seconde moitié, un peu moins subtile et fluide.
Un Événement digne d'intérêt de Sara Barnard : un SP que j'ai bien apprécié, malgré le caractère assez... discutable de l'héroïne !

Ce que je suis en train de lire...
Uprooted de Naomi Novik – VO : Un roman prometteur et original, qui réinvestit des éléments de contes de fées mythiques pour en créer un nouveau... Je ne suis pas encore très avancé, mais j'en attends beaucoup ! 
Sœurs Sorcières tome 3 de Jessica Spotswood : le tome final d'une saga plutôt divertissante, qui s'avère pour l'instant très agréable à découvrir.
Le Sang des Dieux et des Rois d'Eleanor Herman : un roman mêlant historique et fantastique, qui s'annonce excellent...

Ce que je compte lire ensuite...
Luna Viva – Le Tournoi des Voyantes d'Aurélie Benattar : un SP des éditions Sarbacane qui me paraît divertissant à souhait !
Trials of Apollo de Rick Riordan – VO : Quand mon grand et précieux ami Amazon se décidera à enfin me livrer ce nouveau titre de ce cher Monsieur Riordan, il ne fait aucun doute que je l'engloutirai. Mais bon. Encore faut-il qu'il soit livré.
La Prochaine fois ce sera toi de Vincent Villeminot : un autre SP, par un auteur que j'apprécie beaucoup, dont je ne doute pas qu'il saura me surprendre !

Sur ce, je vous souhaite une excellente semaine !

samedi 21 mai 2016

Jungle Park de Philippe Arnaud — Chronique n°200

Titre : Jungle Park
Auteur : Philippe Arnaud
Genre : Science-Fiction
Éditions : Sarbacane (collection Exprim')
Nombre de pages : 277
Résumé : Année 2050.


L'Afrique, continent prison gardé par des drones, est devenue le dépotoir des déchets industriels occidentaux, et le lieu où l'on parachute les condamnés à mort américains.

Tony Belluin est un de ces condamnés à mort, directeur d'un parc d'attractions célèbre, injustement accusé de terrorisme. Sauvé de la mort par Jean-Baptiste, le chef d'un réseau de résistants, il accompagne celui-ci au coeur de la jungle.

Pendant ce temps, la fille de Tony découvre la preuve qu'il n'est pas mort, puis la trace des auteurs du complot dirigé contre lui...


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Un grand merci aux éditions Sarbacane pour cet envoi !

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Imaginez un futur dans lequel l'Afrique est tout simplement devenue la déchetterie du monde, et son accès est désormais réservé aux condamnés à mort, afin qu'ils y vivent un décès cordial dans la joie, la bonne humeur et les déchets radioactifs. Imaginez un homme riche et acclamé par ses pairs, fondateur d'un parc d'attractions ayant pour thème l'Afrique, condamné injustement à mort pour terrorisme et largué sur ce continent qui avait jusqu'alors suscité sa fascination. Imaginez que sa famille le croit mort et surtout coupable.
Délicieusement retors, glauque et passionnant, n'est-ce pas ?
Mon petit cœur de lectrice s'est emballé à la simple vue des deux  premières lignes du résumé, qui me promettaient un grand cru de science-fiction comme je les aime. Et je ne peux que féliciter cet organe littéraire, grâce auquel j'ai découvert un roman rare, manifeste d'un grand talent.

S'il peut être difficile de rentrer dans le roman dans les premiers chapitres, et si certains passages, notamment vers le dénouement, sont si denses que j'étais parfois un peu déconcertée, je ne peux cependant que louer le fort caractère addictif de ce roman, dont l'univers et l'intrigue m'ont saisie, et transportée près de trois cents pages durant, sans interruption aucune. Je découvrais Philippe Arnaud avec ce roman, et ses idées de l'auteur, sa plume, les tournants que  prend l'intrigue m'ont souvent déstabilisée, interpellée, mais surtout beaucoup plu.


Les personnages de Jungle Park m'ont particulièrement séduite, grâce à leurs caractères affirmés, à leur passion, à leurs convictions. On se sent incroyablement impliqué dans leurs existences, et on les suit avec pratiquement autant d'intérêt que si notre vie en dépendait !


J'ai trouvé à ce roman un caractère extrêmement novateur, avec ces personnages forts, cet univers impitoyable, sa structure, alternant entre scènes d'action et de réflexion... J'étais perpétuellement dans la surprise, la découverte, et j'ai énormément apprécié cela. De plus, à travers la description frappante de ce monde futuriste dévoré par la pollution, l'auteur amène son lecteur à réfléchir de façon nouvelle, à être frappé par l'avenir qui attend nos enfants et petits-enfants si nous continuons à vivre comme nous le faisons. Et oui, vous avez sans doute entendu cette réflexion des dizaines de fois, mais croyez-moi, l'effet est d'une intensité inédite avec cette lecture. 

Et pour cela, je ne peux que lever mon chapeau !

Pour ne parler que de ma petite et insignifiante personne, après avoir refermé ce roman, j'avais tout simplement envie de courir partout dans la rue en criant "coupez le chauffage, arrêtez de respirer, de jeter des ordures partout, ou nous allons tous mouriiiir !".

Sérieusement, vous imaginez mon délicat faciès affublé d'un masque à gaz ? Moi non plus.

L'unique reproche que je pourrais formuler à l'encontre de ce roman est paradoxalement ce qui m'a le plus séduit, à savoir sa richesse. Il peut en effet être difficile de rentrer dans le roman dans les premiers chapitres, et certains passages, notamment vers le dénouement, étaient si denses que j'étais parfois un peu déconcertée.
Mais je vous fais confiance pour vous accrocher, braves petits.

En bref, un roman profondément original, dont l'inventivité et la complexité ne pourront que vous ravir. Mais Jungle Park ne se contente pas d'être un récit captivant au rythme à couper le souffle, il nous livre en plus de cela toute une réflexion sur les dangers du comportement de notre société. 

Note attribuée : 8,5/10

mercredi 18 mai 2016

The Memory Book de Lara Avery — Chronique n°199

"Tu es moi, Samantha Agatha McCoy, dans un futur pas trop lointain. Et c’est pour toi que j’écris. On me dit que ma mémoire ne sera plus jamais la même, que je vais commencer à oublier des choses. Au début juste quelques-unes, mais ensuite beaucoup plus. Alors j’écris pour me souvenir."

Titre : The Memory Book
Auteure : Lara Avery
Genre : Contemporain
Éditions : Lumen
Lu en : français
Nombre de pages : 442
Résumé : Sam a toujours eu un plan : sortir première du lycée et filer vivre à New York. Rien ne l'en empêchera – pas même une anomalie génétique rare qui, lentement, va commencer à lui voler ses souvenirs, puis sa santé. Désormais, ce qu'il lui faut, c'est un nouveau plan. 
C'est ainsi que naît son journal : ce sont les notes qu'elle s'envoie à elle-même dans le futur, la trace des heures, petites et grandes, qu'elle vit. C'est là qu'elle consignera chaque détail proche de la perfection de son premier rendez-vous avec son amour de toujours, Stuart. Le but ? Contre toute attente, contre vents et marées : ne rien oublier.

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Je suis une incorrigible amatrice de sick-lit, ce sous-genre dans lequel le personnage principal doit faire face à une maladie grave voire incurable, qui parvient souvent à me toucher et à éveiller certains souvenirs. Évidemment, il y a de tout : certains romans m'arrachent des larmes... et d'autres des soupirs, enchaînant les clichés désolants. Mais heureusement, avec The Memory Book, je vais me ranger dans la première catégorie. Il s'agit en effet d'un roman imparfait, mais authentique, brut, et qui sonne terriblement juste. 

J'ai été réellement touchée par l'héroïne, Samantha, atteinte d'une maladie dégénérative qui menace de détériorer sa mémoire, mais également toutes ses fonctions motrices, qui décide de consigner tout ce dont elle souhaite se souvenir dans une sorte de journal de bord, un Memory Book. Elle va ainsi intégrer le lecteur à son existence, avec une intensité à couper le souffle, au fil de ses anecdotes, réminiscences, rêves et autres tribulations.

La plume remarquable de l'auteure m'a frappée, sans aucun doute grâce au beau travail de traduction fourni par Julie Lafon.  Toutes deux nous offrent ici un texte tout en délicatesse, oscillant tout comme l'état de Sammie entre des passages apaisés et d'autres dans lesquels la souffrance se ressent derrière le moindre mot. La moindre émotion, la moindre arrière-pensée de l'héroïne est perceptible. 

Le tout est hétérogène, mais pas décousu. Les extraits se suivent avec une grande fluidité, nous transportant à travers des réflexions et des situations tous plus intéressants les uns que les autres. Pour tout vous dire, je suis tellement convaincue que je ne m'attarderai même pas presque pas sur la présence d'un certain triangle amoureux.
Et pourtant, ils sont ma bête noire. C'est vous dire si ce roman est bon.

En bref, un récit poignant, qui parvient à tirer son épingle du jeu, et à se distinguer de tous les romans YA sur le sujet, sans jamais basculer dans le drame édulcoré pour adolescents. L'auteure mène son histoire de manière originale et tout simplement bouleversante, livrant à son lecteur un roman qu'il refermera le cœur gonflé d'espoir et la larme à l'œil. Une nouvelle pépite pour les éditions Lumen...

Oui.
Je l'avoue.
J'ai peut-être pleuré.
C'est une hypothèse envisageable.

Note attribuée : 9/10

lundi 16 mai 2016

La Sélection tome 5 – La Couronne de Kiera Cass — Chronique n°198

Titre : La Sélection tome 5 – La Couronne
Auteure : Kiera Cass
Genre : Romance
Éditions : Robert Laffont (collection R)
Lu en : français
Nombre de pages : 333
Résumé : Eadlyn ne pensait pas qu'elle serait trouver un vrai partenaire parmi les trente-cinq prétendants de la sélection , sans parler d'un amour véritable. Mais parfois, le coeur a une drôle de façon de vous surprendre ... Et maintenant, Eadlyn doit faire un choix qui lui semble plus difficile - et plus important- qu'elle ne l'aurait jamais cru.

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Chronique garantie sans spoilers !

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Pour tout vous avouer, c'est à peine si j'ai envie d'écrire cette chronique.
En même temps, c'est juste essentiellement la base de mon travail.

Pourquoi donc ? Je suis lasse, déçue, légèrement dégoûtée. J'avais déjà eu ce sentiment en relisant le quatrième tome de La Sélection, qui ne m'a pas fait le même effet qu'il y a un an, et qui m'avait trop fait soupirer et tourner en rond. Avec ce cinquième et dernier tome, mon agacement a atteint des sommets. Tout ce qui me séduisait dans cette saga, sa vivacité, son caractère pétillant et on ne peut plus attendrissant, me semble avoir disparu, s'être étiolé dans la durée. 

Pour être honnête, je m'y attendais un peu. L'Héritière m'a sincèrement fait grincer des dents, je sentais déjà que le charme n'opérait plus. La raison majeure pour laquelle j'ai tout de même lu La Couronne reste la curiosité – le fond de midinette qui subsiste en moi avait terriblement envie de voir comment l'histoire allait s'achever. Et j'ai malheureusement très vite déchanté et perdu tout intérêt à ma lecture, cherchant presque à en finir au plus vite.

L'héroïne, déjà passablement insupportable au début du quatrième tome, n'a pas évolué comme je l'aurais souhaité, elle m'a même paru perdre en maturité. Ses décisions sont brusques et incompréhensibles, son comportement toujours aussi agaçant...
Les dialogues, autrefois vifs et à bâtons rompus, sont ici une succession de banalités et de phrases creuses.
Et puis... très clairement... Il ne se passe rien. C'est du moins mon ressenti. En à peine 300 pages, ce qui est déjà court, on a étonnamment le temps de s'ennuyer.

J'ai lu ce roman très rapidement, je l'admets, grâce à l'écriture toujours aussi fluide de l'auteure, mais je n'y ai trouvé que peu ou pas de plaisir. Le rythme de l'histoire était très inégal, avec des passages trop lents et répétitifs, et d'autres si denses que l'on ne savait plus où donner de la tête. Les rebondissements donnent souvent l'impression de tomber comme un cheveu au milieu de la soupe. On ne sait pas d'où les idées de l'auteure viennent, pourquoi elles viennent se greffer à l'histoire...
Enfin, le dénouement a été le point d'orgue de ma déception – cette phrase était puissante. Encore une fois, les événements ont été décrits de façon précipitée et très peu naturelle. J'ai presque eu un sentiment de hasard, pratiquement rien ne venant justifier les choix de l'héroïne. Comme si l'auteure avait fait la plouf entre ses personnages. 

Ma note est sous la moyenne, mais pas trop dramatique non plus, tout simplement parce que je dois avoir un blocage mental avec le fait de mettre une trop mauvaise note avec un roman issu de cette saga, et surtout parce que ce livre n'est ni bon, ni mauvais. Il ne m'a paru qu'être fade, non abouti, presque bâclé. L'auteure avait très certainement de bonnes idées, des intentions louables, et surtout la matière pour nous livrer un dénouement en or, mais elle a fait des choix trop faciles et décevants. La saga a clairement perdu de sa superbe, et ce tome m'a donné le sentiment d'être une sorte de photocopie de photocopie, un récit édulcoré, le pâle reflet d'une trilogie légère, mais toujours distrayante et imaginative.

J'ai conscience de paraître très tranchée, très catégorique et surtout aux antipodes du discours que je tenais pas plus tard qu'il y a un an, et je répète que tout n'est pas mauvais dans ce livre – je sais qu'il a plu à d'autres que moi. Disons simplement que La Couronne et moi n'étions pas faites l'une pour l'autre.

Note attribuée : 4/10

dimanche 15 mai 2016

Dumplin' de Julie Murphy — Chronique n°197

“I guess sometimes the perfection we perceive in others is made up of a whole bunch of tiny imperfections, because some days the damn dress just won't zip.” 

“There’s something about swimsuits that make you think you’ve got to earn the right to wear them. And that’s wrong. Really, the criteria is simple. Do you have a body? Put a swimsuit on it.” 

Titre : Dumplin'
Auteure : Julie Murphy
Éditions : Harper Collins
Genre : Contemporain
Lu en : anglais
Nombre de pages : 382
Résumé : Self-proclaimed fat girl Willowdean Dickson (dubbed “Dumplin’” by her former beauty queen mom) has always been at home in her own skin. Her thoughts on having the ultimate bikini body? Put a bikini on your body. With her all-American beauty best friend, Ellen, by her side, things have always worked…until Will takes a job at Harpy’s, the local fast-food joint. There she meets Private School Bo, a hot former jock. Will isn’t surprised to find herself attracted to Bo. But she is surprised when he seems to like her back.



Instead of finding new heights of self-assurance in her relationship with Bo, Will starts to doubt herself. So she sets out to take back her confidence by doing the most horrifying thing she can imagine: entering the Miss Clover City beauty pageant—along with several other unlikely candidates—to show the world that she deserves to be up there as much as any twiggy girl does. Along the way, she’ll shock the hell out of Clover City—and maybe herself most of all.


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Existe également en français

Titre : Miss Dumplin'
Éditions : Michel Lafon
Résumé : Willowdean est ronde, et alors ? Pas besoin d'être super slim pour s'assumer. Jusqu'au jour où elle rencontre Bo, qui porte un peu trop bien son nom, et ne tarde pas à lui voler un baiser. Mais peut-il vraiment l'aimer ? On lui a tellement dit que les filles comme elle ne sont que des seconds rôles.



Un seul moyen de retrouver confiance en elle : faire la chose la plus inimaginable qui soit... s'inscrire au concours de beauté local présidé par sa propre mère, ex-miss au corps filiforme. Entraînant dans son sillage tout un groupe de candidates hors normes, Will va prouver au monde, et surtout à elle-même, qu'elle aussi a sa place sous les projecteurs.

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Cela faisait plusieurs mois que j'entendais parler de Dumplin', tout d'abord sur la blogosphère anglophone, puis du côté des Français également, grâce à la traduction de ce roman chez Michel Lafon, parue ce 12 mai. Séduite par son résumé, qui me promettait un vrai feel-good book, je me suis laissé tenter... et si j'ai lu ce roman très rapidement et avec un certain plaisir, j'avoue tout de même être restée sur ma faim...

Pardon. Je sais, le roman parle de surpoids. C'était un mauvais jeu de mots. Je n'aurais pas dû. 

Dumplin' est donc le surnom de Willowdean, ce qui signifie "boulette de pâte", ou quelque chose d'avoisinant. Et oui, Willowdean est grosse, elle est la première à l'affirmer. Son physique ne lui a jamais vraiment posé de problème, et elle s'assume pleinement, malgré le regard parfois pesant que pose sur elle sa mère, ancienne reine de beauté filiforme, qui dirige encore aujourd'hui le concours de beauté local. Mais arrive dans sa vie un certain Bo, qui, sans blague, est beau. 
Pas de commentaire, les enfants. Je sais, ça vous démange. Mais passons outre.

Et paradoxalement, ce n'est que lorsque Bo s'intéresse à elle que Willow commence à se sentir mal dans sa peau, ne parvenant pas à comprendre comment un être aussi parfaitement parfait que le jeune homme pourrait la trouver séduisante. Sur un coup de tête, elle s'inscrit à un concours de beauté, celui-là même que sa mère préside et qu'absolument toute la ville suit. Qui, des habitants de la ville, de ses amis ou d'elle-même, sera le plus ébranlé par cette décision ?

S'il y a bien un élément pour lequel je ne peux que féliciter ce livre – au sens propre, hein. N'allez pas vous imaginez que je parle à mes livres en leur disant "mais oui, c'est bien, tu es très intéressant, mon petit. Je t'aime, va !". Je n'en suis pas encore à ce stade-là –, c'est son caractère fluide et entraînant. La narration est très agréable, très accessible en VO si vous voulez tenter l'expérience, avec de nombreuses touches d'humour et autres anecdotes distrayantes, et globalement, les pages se tournent tout de même très vite. 

Malheureusement, j'ai été trop gênée par le manque d'action de certains passages, l'absence d'alchimie dans la romance, une fin assez décevante, et surtout par les stéréotypes qui émaillent le texte. Vous vous demandez lesquels ? Disons qu'il y a... tout, du triangle amoureux à la dispute avec la meilleure amie, en passant par la mère célibataire qui a des problèmes relationnels avec sa fille. Tout.
Par ailleurs, j'ai eu plus de mal avec l'héroïne que ce à quoi je m'attendais. Si je l'ai trouvée charmante dans un premier temps grâce à sa maladresse et à son humour, j'ai déchanté en la voyant agir de façon parfois incompréhensible, voire mesquine, et en quelque sorte perdre en maturité au fil du roman. Je l'ai plus "retrouvée" telle que je l'appréciais en fin de roman, mais j'ai tout de même eu un peu trop souvent envie de la secouer. 

Je ne suis pas en train de vous dire de ne pas lire Dumplin'. Ce roman reste un hymne à l'acceptation de soi, à la tolérance, à la confiance en soi, et c'est un message bien trop essentiel pour être dédaigné. Lisez ce livre s'il vous tente : bon nombre d'entre vous ne serez pas dérangés par les mêmes éléments que moi, et vous aurez tous gagné une dose d'optimisme ! Simplement, n'en attendez peut-être pas trop, de façon à ne pouvoir qu'être agréablement surpris...

De belles intentions, sans aucun doute, et un message essentiel qui fait toujours chaud au cœur, peu importe son physique, mais qui sont desservies par des lenteurs intempestives et des stéréotypes lassants. Dumplin' reste une lecture agréable et positive, qui nous fait rire et nous serre le cœur, et donne très certainement à réfléchir... Mais qui n'est malheureusement pas le coup de poing, le roman lumineux et bouleversant que j'espérais.

Note attribuée : 6/10