La lecture d'un roman jette sur la vie une lumière.
— Louis Aragon

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samedi 31 décembre 2016

Bilan du mois [Décembre 2016]

Bonjour à tous !

Le mois s'achève, l'année aussi, dans une période particulièrement propice à la lecture - ne nous mentons pas, à part les vacances d'été qui ne demandent qu'à être comblées par des pages et des pages d'aventures, il n'est rien de tel qu'une froide après-midi passée à se pelotonner sous un plaid avec un roman.

*frisson de plaisir*

Examinons donc mon bilan de ce mois de décembre, avec treize romans lus, aucun coup de coeur mais aucune réelle déception !

J'ai adoré...
Gone Girl de Gillian Flynn - VO : c'était sombre, addictif et tout simplement retournant, et j'ai désormais terriblement envie de découvrir les autres romans de l'année !
Animale tome 2 de Victor Dixen : j'aime, j'adore, c'est encore un tome aussi original que réussi !
Power Club d'Alain Gagnol : un roman qui m'a très agréablement surprise, qui propose une intrigue entraînante dans un monde de science-fiction, où il contourne subtilement les clichés habituels pour livrer une lecture captivante !
Saving Paradise tome 1 - En proie au rêve de Lise Syven : un roman aussi détonnant qu'envoûtant, auquel j'ai trouvé une saveur réellement particulière, et dont je guette la suite avec une impatience non dissimulée !
Ellana tome 1 - Le Pacte des Marchombres de Pierre Bottero : enfin, je l'ai lu, enfin ! Et je valide, je plussoie, je cautionne immensément...

J'ai beaucoup aimé...
Furthermore de Tahereh Mafi - VO : le dernier et terriblement original roman de Tahereh Mafi, dont l'univers en un mot fou et l'écriture inoubliable !
Le Syndrome du Papillon de Maxence Fermine : un récit sensible et attachant dont le protagoniste aussi fragile qu'authentique a su me toucher...
Wanderlost de Jenny Malone - VO : un livre qui m'a joliment surprise, et m'a fourni autant de distraction que de plaisir, avec sa romance rafraîchissante et son décor délicieux, malgré le caractère un peu invraisemblable de l'intrigue !
En attendant minuit de Claude Michelet : un court roman que j'ai pioché par hasard et dévoré en moins temps qu'il  n'en faut pour le dire, et qui aborde avec talent et profondeur le destin d'un couple de paysans pendant la Première Guerre mondiale. Je vous en reparle très vite !

J'ai bien aimé...
Need de Joelle Charbonneau - VO : une histoire indéniablement prenante, mais quelque peu inégale et difficilement crédible à tous moments. Un roman dont je demeure satisfaite, mais en-dessous de la trilogie dystopique de l'auteure, L'Elite !
Lumière de Carole Trébor : une découverte originale, entre historique et fantastique, que j'ai pris beaucoup de plaisir à découvrir !

J'ai plutôt aimé...
Les Filles de Brick Lane de Siobhan : un roman rafraîchissant et divertissant, quoique pas vraiment transcendant par rapport à tout ce qui a déjà pu être fait dans le genre...
L'Alchimiste de Paulo Coelho : un conte philosophique plus philosophique que conte - merci Capucine pour cet instant utile. Je veux dire par là que l'on retient plus ce texte pour son message, inspirant quoique difficilement transposable à notre quotidien, que pour sa structure narrative un peu inégale.

Sur ce, très bon mois de janvier et belle année à vous !

mardi 27 décembre 2016

Gone Girl de Gillian Flynn - Chronique n°279

“There’s something disturbing about recalling a warm memory and feeling utterly cold.”

Titre : Gone Girl
Auteure : Gillian Flynn
Genre : Thriller
Editions : Broadway Books
Lu en : anglais
Nombre de pages : 555
Résumé : On a warm summer morning in North Carthage, Missouri, it is Nick and Amy Dunne’s fifth wedding anniversary. Presents are being wrapped and reservations are being made when Nick’s clever and beautiful wife disappears. Husband-of-the-Year Nick isn’t doing himself any favors with cringe-worthy daydreams about the slope and shape of his wife’s head, but passages from Amy's diary reveal the alpha-girl perfectionist could have put anyone dangerously on edge. Under mounting pressure from the police and the media—as well as Amy’s fiercely doting parents—the town golden boy parades an endless series of lies, deceits, and inappropriate behavior. Nick is oddly evasive, and he’s definitely bitter—but is he really a killer? 

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Existe également en français

Titre : Les Apparences
Editions : Sonatine
Résumé : Amy, une jolie jeune femme au foyer, et son mari Nick, propriétaire d’un bar, forment, selon toutes apparences, un couple idéal. Ils ont quitté New York deux ans plus tôt pour emménager dans la petite ville des bords du Mississipi où Nick a grandi. Le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, en rentrant du travail, Nick découvre dans leur maison un chaos indescriptible : meubles renversés, cadres aux murs brisés, et aucune trace de sa femme. Quelque chose de grave est arrivé. Après qu’il a appelé les forces de l’ordre pour signaler la disparition d’Amy, la situation prend une tournure inattendue. Chaque petit secret, lâcheté, trahison quotidienne de la vie d’un couple commence en effet à prendre, sous les yeux impitoyables de la police, une importance inattendue et Nick ne tarde pas à devenir un suspect idéal. Alors qu’il essaie désespérément, de son côté, de retrouver Amy, il découvre qu’elle aussi cachait beaucoup de choses à son conjoint, certaines sans gravité et d’autres plus inquiétantes. Si leur mariage n’était pas aussi parfait qu’il le paraissait, Nick est néanmoins encore loin de se douter à quel point leur couple soi-disant idéal n’était qu’une illusion.

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Reviewing in English

Sometimes, by just reading a few words of one book, you know it will knock you down, surprise you no matter which hypothesis you will build up, fascinate and repulse you at the same time. Gone Girl was one of them : from the very first page, the reader feels completely immersed in the story, curious about the complex and ambivalent relationship between Nick and Amy, a married-couple torn by the sudden disappearance of the latter the day of their five-year anniversary... Nick is soon prosecuted as the murderer of his own wife, as all appearances seem to point directly at him. But what if the truth was far more complex than what it just looked like

The author perfectly knows how to play with its readership, which is both infuriating and thrilling. The pages turn almost on their own, with a major plot twist right at the middle of the story that increases our need to know the ending, which is as surprising as troubling. Right, Gone Girl has some minors flaws, maybe irregularities in its global rhythm, but it is such a gripping and impossible to put down book!

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Cela faisait longtemps que l'on me parlait de Gone Girl, qu'il s'agisse de sa populaire adaptation cinématographique ou du roman en lui-même, et, vous me connaissez, cela a largement suffi à éveiller ma terrible curiosité lectrice. Me voici donc, assez quasi-totalement conquise, et bien décidée à à mon tour titiller votre envie de découvrir ce thriller captivant !

Gone Girl démarre avec fracas, le jour de la disparition d'une jeune femme, Amy Eliott Dunes, le jour de son cinquième anniversaire de mariage. Très vite et quasi-évidemment, les soupçons de la police aussi bien que ceux de l'opinion publics se dirigent vers son mari, Nick, un personnage aussi difficile à sonder qu'imprévisible, dont il ne paraît pas impossible à  la lumière de certains indices troublants qu'il ait tué sa propre épouse...
Sauf qu'on est dans un thriller, mes braves.
Les apparences ne sont justement que des apparences.

*Vague d'applaudissements pour Capucine qui a réussi à caser le titre du roman de façon tout à fait naturelle*

A travers l'alternance entre des chapitres racontés par Nick et d'autres présentant des extraits du journal intime d'Amy, le lecteur ne tarde pas à réaliser que la réalité est bien plus dérangeante et insidieuse que ce scénario du mari assassin. Non, ces personnages sont autrement plus tordus, autrement plus travaillés, faits d'un nombre incertain de couches de personnalités, de mensonges et de ressentiment. L'atmosphère à la fois intimiste et oppressante du roman est d'une subtilité maîtrisée, tout comme la narration de l'auteure, qui sait guider son lecteur vers des illusions pour le détromper à sa surprise la plus totale. Dès la seconde moitié du roman, au début de laquelle survient un coup de théâtre magistral, il est tout simplement impossible de se détacher de ce récit dérangeant et juste, dont on redoute terriblement le dénouement - qui, soyez prêts, sera loin de vous laisser apaisés et satisfaits.

Mais je n'en dis pas plus.
Lisez, maintenant.

En bref, un thriller aussi cruel que sensible, qui sait parfaitement mener son lecteur par le bout du nez et lui faire croire à certaines apparences pour mieux les réduire à néant. Entre choc et appréhension, répulsion et fascination, la lecture se fait en un rien de temps, facilitée par une narration originale et ambivalente et une plume qui maîtrise des jeux d'échos et de mensonges entraînants. Un récit au cadre intimiste et voyeur à la fois magistralement réussi, aux personnages aussi tordus qu'inoubliables, promesse de belles heures d'immersion...

Note attribuée : 9/10

dimanche 25 décembre 2016

La Maison des Intentions Particulières de John Boyne - Chronique n°278

Titre : La Maison des Intentions Particulières
Auteur : John Boyne
Genre : Historique
Editions : Pocket
Lu en : français
Nombre de pages : 544
Résumé : Russie, 1915. Un acte de bravoure a fait passer en un instant le jeune Gueorgui de simple moujik à garde du corps du tsarévitch, le jeune Alexeï. Il quitte alors son petit village de Kachine et la rudesse du monde paysan pour les fastes du palais d'Hiver à Saint-Pétersbourg. 
Désormais, son destin est lié à celui, tragique, des Romanov. C'est un nouveau monde qui s'ouvre à lui, côtoyant quotidiennement la famille du tsar et, surtout, la belle Anastasia. 
Mais la révolution approche et va s'écrire dans le sang. Obligé de fuir, Gueorgui emportera avec lui bien plus que ses souvenirs de la Russie impériale... 

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Ô, gentil lecteur. Halte.

Ne prête pas attention à l'horripilant sous-titre de cet ouvrage, qui semble le ranger d'office dans la catégorie des romances Harlequin hautement prévisibles et dégoulinantes de stéréotypes. Non, ignore-le pour n'écouter que la parole plus ou moins éclairée de Tante Capucine.
L'histoire d'une passion secrète. Mais qui, qui a pu faire une chose pareille ?

Ce livre va te voler ton sommeil, te broyer et te réchauffer ton petit cœur dans le même temps, te faire voyager des steppes glacées de Russie jusqu'à Paris en passant par le palais d'Hiver de Saint-Pétersbourg.

En plus, regarde le nom de l'auteur : c'est lui qui a écrit Le Garçon au Pyjama Rayé. Ca force le respect, pas vrai ?

Très bien, me diras-tu, mais de quoi parle-t-il, ton livre au titre à rallonge et au sous-titre épouvantable à ignorer ?
D'amour, de guerre, de secrets. Il s'appuie sur le destin d'un jeune Russe à première vue sans histoire, Gueorgui, qui grandit dans une campagne pauvre et oubliée, jusqu'à ce qu'il commette un jour un acte de bravoure exemplaire sous les yeux d'un membre du gouvernement, ce qui le propulse au palais d'Hiver de Saint-Pétersbourg au poste convoité de garde rapproché de la famille impériale. 

Très bien, me diras-tu encore,  mais alors ?
Je vais te dire, notre petit Gueorgui vit ces événements à partir de 1915. 1916. 1917.
1917, Russie, ça te dit quelque chose ? Indice : ça pique pour le tsar. Donc pour son garde, légèrement aussi.
Ah oui, tout de suite, ça devient intrigant, ce roman, n'est-ce pas ? Je n'en dirai pas plus

Sache que ce récit est construit d'une façon telle qu'il est impossible de le reposer : les chapitres concernant la jeunesse de Gueorgui alternent avec d'autres reliés à différents moments de sa vie, dans un ordre antichronologique, qui se rapprochent donc de plus en plus de cette époque de la Révolution russe... L'écriture est sensible et juste, et transporte avec aisance son lecteur entre les époques et les décors. Une tension se crée très vite alors que se profilent les contours d'une révélation fracassante, que tu devineras peut-être dans ta grande perspicacité.

Personnellement, lorsque j'ai compris de quoi il en retournait, j'ai jeté le livre à terre en poussant de petits piaillements d'excitation.
A peu de chose près.

La Maison des Intentions Particulières est une lecture à la fois excitante par son suspense et son rythme et apaisante par la profondeur des portraits psychologiques de ses personnages et de la justesse des liens qui les unissent, un récit aussi réaliste et convaincant historiquement parlant que sentimentalement. Cet ouvrage promet un moment passionné de lecture, une surprise de taille qui rend le roman ultimement mémorable : il s'est déjà écoulé plusieurs mois depuis que j'ai terminé ce roman, et il me hante au point que j'ai très envie de le relire. 

Et puis, pourras-tu trouver une couverture plus raccord avec la saison ? Non, te dis-je, non. Allez, va lire.

Note attribuée : 9/10

samedi 24 décembre 2016

L'Alchimiste de Paulo Coelho - Chronique n°277

Titre : L'Alchimiste
Auteur : Paulo Coelho
Genre : Conte
Editions : Flammarion Jeunesse
Lu en : français
Nombre de pages : 254
Résumé : 
L' Alchimiste est le récit d'une quête, celle de Santiago, un jeune berger andalou parti à la recherche d'un trésor enfoui au pied des Pyramides. Dans le désert, initié par l'alchimiste, il apprendra à écouter son cœur, à lire les signes du destin et, par-dessus tout, à aller au bout de son rêve.

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Un grand merci aux éditions Flammarion pour cet envoi !

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Il y a quelques mois, une amie a refermé sous mes yeux ce livre, et l'air profondément perdu, m'a déclaré :
"Capucine, cette histoire est extrêmement étrange. Mais je crois qu'il te plairait."
Hésitant entre prendre cela pour un compliment ou une insulte à ma propre étrangeté, j'ai néanmoins retenu le titre de cet ouvrage, L'Alchimiste, et ai ainsi eu envie de le découvrir lorsque je l'ai vu dans le catalogue des éditions Flammarion.

Ma lecture s'est faite de façon hachurée : les premiers chapitres ont filé entre mes mains, ainsi que les derniers, mais entre deux s'est trouvé un certain passage à vide. L'écriture de l'auteur est certes porteuse de toute une poésie, son conte efficace et fluide, mais son message, sa quasi-morale, en devenait par trop pesante, et ma lecture s'en est trouvée ralentie. Heureusement, le dernier tiers de ce court récit s'avère particulièrement convaincant, allant de pair avec la résolution de l'intrigue, et permet enfin de prendre conscience des clés de l'ouvrage, de sa dimension de conte philosophique.

Difficile cependant de me sentir transportée comme beaucoup ont pu l'être, mais il ne faut pas désespérer : il me paraît certainement essentiel de ne pas en rester à une seule lecture de L'Alchimiste, un livre en apparence simple mais qui s'avère exigeant, fait de multiples couches de narration et d'interprétation, dont la prose fluide ne doit pas leurrer le lecteur. Il faut s'attarder sur chaque situation, chaque déclaration, dans un processus de maturation aussi lent qu'enrichissant donc... Une lecture certainement "étrange" en effet, différente de tout ce que les jeunes lecteurs auront l'occasion de découvrir, et donc particulièrement intéressante. 

Un ouvrage à la portée philosophie certaine et indéniablement inspirante, bien que basculant légèrement dans quelque chose de plus moralisateur et redondant de temps à autre. L'Alchimiste est un récit poétique et merveilleux, ayant pour vocation d'être relu de nombreuses fois et d'accompagner le plus possible ses lecteurs dans leurs choix de vie. Une belle bouffée d'optimisme et de magie, à savourer et méditer...

Note attribuée : 6,5/10 : un texte mystérieux fait de symboles parfois obscurs, mais porteur d'une réflexion inspirante...


mercredi 21 décembre 2016

Saving Paradise de Lise Syven - Chronique n°276

Titre : Saving Paradise tome 1 - En proie au rêve
Auteure : Lise Syven
Genre : Paranormal 
Editions : Castelmore
Lu en : français
Nombre de pages : 380
Résumé : Faustine Mésanger ne croit pas à grand-chose, sinon au travail. Déterminée à réussir sa vie, cette étudiante a un plan. Elle a tout prévu : l’amour, ce n’est pas pour tout de suite, et autant vous dire que le paradis, elle n’y croit pas une seconde.


Build the future ! est le slogan de la Fondation du Griffon pour laquelle son chercheur de père travaille, une ONG qui œuvre pour un monde meilleur et qui dérange quelqu’un.

Le jour où le laboratoire de Richard Mésanger explose, la vie de Faustine bascule. Elle frôle la mort, se retrouve placée sous protection rapprochée et croise le chemin de Nato Braye dont le charme ne la laisse pas indifférente.

Mais la folie la guette à mesure que l’étau se resserre, et surtout, Faustine comprend qu’il y a bien plus en jeu que son propre avenir...


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Il y a des romans dont vous savez avant même d'en avoir lu un mot qu'ils vous plairont. Un simple ressenti avec la couverture, avec l'univers décrit, ou juste une intuition de lecteur expert, et vous savez sans pouvoir expliquer précisément pourquoi que vous avez quelque chose à gagner avec tel récit. Saving Paradise aura exercé un effet de la sorte sur moi, en grande partie grâce aux yeux pétillant de passion de Saefiel du blog Les Petits Mots de Saefiel lorsqu'elle m'en a parlé à Montreuil... Sans tergiverser, j'ai cédé à l'appel livresque.
Et.
C'était bien.

Ce roman débute par une explosion, une frayeur, un attentat lancé probablement contre la personne du Professeur Mésanger, père de l'héroïne, Faustine, qui a à peu de chose près mis au point le tout premier vaccin contre le cancer grâce au soutien de sa Fondation du Griffon. Qui voudrait s'opposer à un tel projet, porté par une ONG désintéressée, et à l'intérêt universel ? Comment appréhender le futur après un acte aussi effrayant ? Ne s'agit-il que de contrer l'avancement de la recherche de Mésanger ?

Saving Paradise s'affirme dès ses toutes premières pages comme un roman tout à fait particulier : aucune intrigue "classique" ne se dégage, on est entraîné dans un mystère passionnant mais insondable. On n'a d'autre choix que de se laisser guider par les mots de l'auteure, poétiques et efficaces, qui confèrent à l'ouvrage une atmosphère assez indescriptible, éthérée et angoissante, presque...

Onctueuse.

Oui, je viens de donner à ce roman un qualificatif qui conviendrait mieux à un yaourt. Ce n'est plus ce que c'était. Mais que voulez-vous, c'est cela, Saving Paradise est onctueux.

L'enquête est incroyablement immersive, angoissante même : aucun personnage n'échappe à la suspicion de l'héroïne comme du lecteur, chaque scène est ressentie comme potentiellement dangereuse, on demeure sur ses gardes tout au long de son avancée. Loin de sombrer dans des trajectoires classiques, l'auteure ne fait qu'étonner et détonner, dévoilant lentement quelques cartes, pour aboutir à un final intense, absolument impossible à voir se profiler et inédit, qui annonce un second volet intersidérablement convaincant. 

Les pages défilent à une cadence implacable, de plus en plus insoutenable au fur et à mesure que l'on saisit la complexité de l'intrigue, qui articule des éléments aussi nombreux que profonds. Le grand nombre de personnages et de décors permet un dynamisme certain, tout comme l'alternance maîtrisée entre différents points de vue. Peut-être peut-on ressentir à quelques reprises une certaine attente, une langueur, mais elle est bien intentionnelle et travaillée, et ne pousse qu'à poursuivre sa découverte du récit.

En bref, une histoire nimbée de mystère, remarquable surtout par le caractère recherché, détonnant, envoûtant de la plume de son auteur, qui parvient en quelques centaines de pages à élaborer un univers subtil et prometteur, le cadre d'un second tome qui ne promet que d'être explosif... 

Note attribuée : 9/10

dimanche 18 décembre 2016

CONCOURS [2]

Bonjour à tous !

Plus qu'une poignée de jours avant les réjouissances des fêtes de fin d'année : clairement, cela mérite célébration littéraire.
Eh oui.
Concours.

Je vous propose de remporter un exemplaire du Syndrome du Papillon de Maxence Fermine, un roman qui m'a beaucoup, beaucoup plu, et dont vous pouvez lire la chronique par ici.
OUI. Ce sont des libellules et non des papillons. On fait ce qu'on peut.
Maintenant, si tu veux tenter ta chance, remplis ce supeeeerbe formulaire de participation en cliquant sur le lien, et éblouis-moi par l'intégrité de ta candidature avant le 31 décembre !

A très vite pour l'annonce des résultats !

Une seule participation par personne, envoi possible seulement en France métropolitaine. En cas de perte, dommages ou tempête cosmique, je ne serai pas responsable, mon petit, navrée.


MISE A JOUR

Le formulaire fonctionne enfin !

Furthermore de Tahereh Mafi - Chronique n°275

“She'd decided long ago that life was a long journey. She would be strong and she would be weak, and both would be okay.” 

Titre : Furthemore
Auteure : Tahereh Mafi
Genre : Jeunesse | Fantasy | Retelling
Editions : Dutton Books
Lu en : anglais
Nombre de pages : 400
Résumé : 
There are only three things that matter to twelve-year-old Alice Alexis Queensmeadow: Mother, who wouldn’t miss her; magic and color, which seem to elude her; and Father, who always loved her. The day Father disappears from Ferenwood he takes nothing but a ruler with him. But it’s been almost three years since then, and Alice is determined to find him. She loves her father even more than she loves adventure, and she’s about to embark on one to find the other.


But bringing Father home is no small matter. In order to find him she’ll have to travel through the mythical, dangerous land of Furthermore, where down can be up, paper is alive, and left can be both right and very, very wrong. It will take all of Alice's wits (and every limb she's got) to find Father and return home to Ferenwood in one piece. On her quest to find Father, Alice must first find herself—and hold fast to the magic of love in the face of loss.


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Existe également en français

Titre : Au Pays de l'Ailleurs 
Editions : Michel Lafon
Résumé : Avec sa peau pâle et ses cheveux de neige, Alice détonne à Ferenwood. Car Ferenwood est un monde éclatant de couleurs, révélatrices d'un don magique. La blanche Alice n'a donc apparemment aucun don, aucun intérêt : les habitants de ce lieu en ont fait une paria.


Aussi lorsque son père, la seule personne qui lui témoigne de la bienveillance, disparaît soudainement, la jeune fille n'a-t-elle plus qu'un seul but : le retrouver.
Pour cela, elle va devoir explorer la mythique et dangereuse contrée un peu plus loin que l'horizon... Elle part avec Oliver, un compagnon de route dont le talent magique consiste à pouvoir tromper son monde. Ce don leur sera-t-il utile Là-bas, un univers sans pitié peuplé de créatures effroyables où rien n'est ce que l'on croit, où les pièges pullulent ? Alice elle-même devra reprendre confiance et utiliser des pouvoirs cachés que nul n'avait décelé chez elle. Reverra-t-elle son père et pourra-t-elle enfin mettre des couleurs sur sa vie ?


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Livre lu en Lecture Commune avec Marinette - sa chronique par ici !

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This book is nuts.
But that is what makes it highly enjoyable, at least to my eyes. 
Furthermore is a very, very unpredictable and unseen book, whose author plays with words and plot and narration, always disconcerting its reader, always leading the story to surprising places. Between humor and innocence, candor and oneirism, Tahereh Mafi proposes a tale about imagination and awe, where wonder and fear deliciously melt... An undeniably original and imaginative book, which reading will amaze young readers as well as older ones, if only they are prepared to be rushed... but in a positive way of course!

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Ce livre est fou. 
D'une façon tout à fait appréciable, n'ayez crainte.
Mais fou tout de même.

Tahereh Mafi, connue pour sa saga Insaisissable, revient ici avec un roman dans un registre tout à fait différent. Adressé à l'origine à des lecteurs plus jeunes, Furthermore se présente comme un récit merveilleux, parsemé de clins d’œil à Alice au pays des merveilles, dont l'héroïne, Alice, souffre de sa solitude et de sa différence dans un monde où tout déborde de couleur et de magie, un sentiment qui ne fait que s'accentuer depuis la disparition de son père. Confrontée à l'échec de sa relation avec sa mère, et à celui de son épreuve rituelle de magie, qu'elle passe comme tout à chacun à l'âge de douze ans, elle finit par se laisser convaincre par son ancien camarade de classe Oliver de partir à la recherche de son père, dans un pays interdit, dangereux et secret : Furthermore... dont il n'est pas dit qu'ils ressortent indemnes.

Là, cela paraît encore normal. Original, mais normal. Détrompez-vous.
L'auteure est loin de ne s'en tenir qu'à une intrigue pareille, et emmène bien vite son lecteur dans des péripéties aussi  imprévues que fantasques, dans un mélange plutôt réussi entre merveilleux et aventure. Les pages se tournent avec gourmandise une fois que l'on intègre le rythme survolté et le caractère complètement imprévisible de l'intrigue, malgré quelques discontinuités et autres passages moins dynamiques... L'héroïne est dans un premier temps très attendrissante, et on a plaisir à la suivre dans sa quête, mais en progressant dans l'ouvrage, elle peut parfois s'avérer du fait de ses douze ans et de sa naïveté assez irritante. Ce point noir est cependant intéressant dans  le cadre de l'intrigue, puisqu'il s'agit de révéler l'évolution d'Alice, son chemin vers la maturité... Et cette héroïne plus ou moins attachante demeure accompagnée d'une figure dont il est plus facile de se sentir proche, Oliver, à l'humour, au sang-froid mais aussi aux doutes et failles convaincants. 

Ce roman reste avant tout porté par la plume de son auteur, qui tente des expériences littéraires assez inédites et pour le moins surprenantes qui confèrent toute sa saveur au récit. Elle propose des images incongrues et savoureuses, fait intervenir un narrateur aux piques réussies, et ballotte son lecteur de surprise en surprise. Entre distorsion des sens, synesthésies, surréalisme et onirisme, Furthermore trouve son véritable intérêt dans cette prose déstabilisante dans un premier temps, mais qui se fait attachante et enthousiasmante même pour peu que l'on apprécie le parti pris de l'auteure, qui demeure cependant assez particulier. Il n'est pas dit que l'intégralité des lecteurs de cet ouvrage adhèrent à de tels jeux d'écriture, jeux avec le lecteur, mais l'expérience demeure inédite, et vaut le détour !

En bref, une découverte délicieusement improbable, dont la lecture ne se fait pas de façon linéaire et unanime, mais dont on ressort finalement transporté, étourdi, amusé. Tahereh Mafi se joue de ses lecteurs, de ses mots, et offre une épopée attendrissante et profondément détonante à l'univers haut en couleurs dans tous les sens du terme et au décalage réussi. A découvrir pour une lecture réjouissante et différente, à l'atmosphère débordant d'enthousiasme et de rêve...

Note attribuée : 8/10

mercredi 14 décembre 2016

Lumière- Le Voyage de Svetlana de Carole Trébor - Chronique n°274

"Lorsque les hommes adorent des dieux quels qu'ils soient, j'ai peur qu'ils perdent dans un excès de frénésie leur faculté de penser. J'ai peur qu'ils ne perdent leur liberté..."

Titre : Lumière - Le voyage de Svetlana 
Auteure : Carole Trébor
Illustrateur : Sébastien Pelon
Genre : Historique | Fantastique
Editions : Rageot
Nombre de pages : 390
RésuméHantée par la dernière volonté de sa mère adoptive, Svetlana quitte le Paris des Lumières pour rejoindre la Russie des tsars. Au cours de ce voyage, elle rencontre des êtres mystérieux, Varlaam et Mira, et se découvre d’étonnants pouvoirs...Pour accepter sa véritable identité, Svetlana doit affronter sa part d’ombre. Et qui, de Boris l’officier d’élite, ou d’Aliocha, le paysan rebelle, l’aidera à se révéler à elle-même ?

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Un grand merci aux éditions Rageot, à Benoit et à Carole pour cette lecture !

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Comme beaucoup, j'ai découvert Carole Trébor grâce à sa participation à la saga U4, que j'avais hautement appréciée. Ici, avec Lumière, l'auteure livre un roman d'un genre tout à fait différent, qui croise de façon tout aussi recherchée historique et fantastique !

Lumière propose une immersion en plein siècle des Lumières - oui, cela paraît logique -, à Paris, dans l'existence de Svetlana, qui baigne dans cette époque exaltante et bouillonnante. Cette héroïne, dont le père a contribué à la rédaction de l'Encyclopédie de Diderot et la mère fut une peintre émérite, a en réalité été adoptée lorsqu'elle n'avait que trois ans, et a grandi avec dans un coin de sa tête une interrogation sur ses origines, ses "parents russes" comme elle les appelle, mais cette question sans réponse devient lancinante, obsédante,  après la disparition de sa mère adoptive, qui lui avait demandé sur son lit de mort de retourner un jour dans sa Russie natale pour s'y découvrir. Svetlana décide de partir coûte que coûte pour ce vaste empire dont elle ne connaît que la langue, sacrifiant tout ce qui faisait son ancienne vie, et même bien plus que tout ce qu'elle aurait pu imaginer... Entre rencontres, révélations et remises en question, c'est un véritable parcours initiatique que la jeune fille s'apprête à emprunter...

On ne peut qu'apprécier la recherche dont témoigne ce récit et la qualité de l'atmosphère que son auteure a entrepris de construire. Lumière constitue une plongée efficace, aussi instructive que captivante, dans un univers complexe qui dérive subtilement de l'historique "classique" à une trame fantastique. Les notes de bas de page et le petit dossier final constitué par l'auteure confèrent à l'ouvrage une portée pédagogique certaine, sans lourdeur aucune, idéale pour de jeunes lecteurs qui apprendront à n'en pas douter de nombreux éléments historiques, mais aussi pour de plus âgés à qui de petits rappels ne feront jamais de mal... Et cette dimension est rendue inoubliable par l'introduction d'une mythologie slave méconnue, utilisée de façon ingénieuse et intrigante. Le récit peut de temps à autre manquer de recul ou proposer des ficelles scénaristiques un peu apparentes, mais la lecture demeure plaisante, et l'ensemble fluide et agréable à suivre. Espérons pour la suite l'évolution du personnage de Svetlana et le déploiement dans toute sa richesse de l'intrigue, après ce premier volume plutôt efficace, qui parvient à dépasser le statut de simple introduction pour proposer un univers propre. Une lecture très agréable ! 

Note attribuée : 7,5/10



samedi 10 décembre 2016

Ellana tome 1 - Le Pacte des Marchombres de Pierre Bottero - Chronique n°273

"- Que devint une larme qui se brise?
- Une poussière d'étoiles.
[...]
- Que devient une étoile qui meurt?
- Un rêve qui vit."

Titre : Ellana tome 1 - Le Pacte des Marchombres
Auteur : Pierre Bottero
Genre : Fantasy
Editions : Rageot
Lu en : français
Nombre de pages : 448
Résumé : Seule survivante d'un groupe de pionniers après l'attaque de leur caravane par des Raïs, au nord de l'Empire, une fillette est recueillie par le peuple des Petits. Elle grandit dans la Forêt Maison à l'écart des hommes et décide, à l'adolescence, de partir en quête de ses origines. En chemin, sous le nom d'Ellana, elle croise le plus grand des marchombres, le maître Jilano Alhuïn, qui la prend pour élève et l'initie aux secrets de sa guilde. Un apprentissage semé d'embûches, de rencontres et d'inimitiés…

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Un grand merci aux éditions Rageot et en particulier à Benoit pour cet envoi !

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Je n'avais jusqu'ici jamais lu de roman de Pierre Bottero. 
Oui, vous pouvez me frapper. Je l'admets, je partage ce ressenti.
Bien qu'ayant passé des années à entendre mes amis chanter les louanges de ses ouvrages, je n'ai étonnamment jamais dépassé le cap des dix pages du premier tome d'Ewilan
Mais quelle erreur, quelle erreur. Rappelez-moi que je suis une lectrice indigne. 

Ellana est sans doute l'une des trilogies de fantasy dont on m'a le plus parlé... et c'était parfaitement légitime. Il est impressionnant de constater comme en à peine plus de quatre cents pages, Pierre Bottero parvient à construire une atmosphère vibrante, un univers enchanteur, une intrigue en apparence peu consistance, mais finalement marquante, tout en sensibilité et en philosophie : l'enfance et l'adolescence d'Ellana, dont les parents ont été assassinés par des Raïs, guerriers sans pitié, et qui grandit protégée par deux Petits... jusqu'à ce qu'elle décide de se mettre en quête de ses origines, pour enfin trouver sa voie.

Que dire. C'est efficace, passionnant, facile à lire et dans le même temps empli de sagesse.

L'auteur délivre ici à travers le parcours initiatique de son héroïne si touchante de véritables messages d'espoir, de tolérance, et tout simplement une magnifique fable sur la construction de soi. Ellana, roman tout en subtilité et en degrés de lecture, plaira autant à de jeunes lecteurs qui seront sensibles à la délicatesse de la plume de Bottero et à la vivacité de son histoire, comme à de plus âgés, qui déjà satisfaits par la dimension purement romanesque,  ne pourront qu'être comblés par cet approfondissement que l'on a envie de qualifier de philosophique.

Il s'agit là d'un moment unique et inoubliable de poésie, une véritable leçon de vie doublée d'une immersion à couper le souffle dans un univers de fantasy dont le moindre détail sonne juste. Les pages se tournent avec délices dans un tourbillon de mots touchants et inspirants, les personnages s'affirment déjà comme des figures marquantes. Un premier tome incroyablement prometteur, qui se dévore et se savoure dans le même temps, tout en intensité et en retenue à la fois... De belles promesses pour l'avenir de cette trilogie !

Note attribuée : 9,5/10

mercredi 7 décembre 2016

Le Syndrome du Papillon de Maxence Fermine - Chronique n°272

"La vie, ça devrait pas être autre chose qu'un songe sans fin."

Titre : Le Syndrome du Papillon
Auteur : Maxence Fermine
Genre : Contemporain
Editions : Michel Lafon
Nombre de pages : 252
RésuméHugo Mars, 17 ans, n'est pas un adolescent comme les autres. Atteint d'un mal étrange, le syndrome du papillon – il est incapable de faire des choix –, il est interné en hôpital psychiatrique après avoir voulu sauter d'une fenêtre du lycée. 
Mais la vie est parfois surprenante. Car c'est justement dans cet établissement pourtant réputé difficile qu'il fait la plus belle rencontre de son existence. Celle de Morgane Saint-James, une jeune fille aux cheveux roux et aux yeux verts perçants, gothique et lunaire, qui ne s'intéresse qu'aux génies. 
Hugo tombe aussitôt sous son charme et, grâce à sa compagnie, reprend peu à peu goût à la vie. 
Mais un jour la jeune fille quitte l'hôpital sans laisser d'adresse, et Hugo décide de la retrouver coûte que coûte. S'ensuit alors une folle odyssée dans Paris, à la recherche de cette fleur sauvage qui a su apprivoiser son cœur.

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Un grand merci aux éditions Michel Lafon et en particulier à Camille pour cette découverte !

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Des romans comme Le Syndrome du Papillon ne peuvent pas "plus ou moins plaire" à leurs lecteurs. Un récit abordant un sujet aussi délicat que la santé mentale est bouleversant et juste... Ou sonne faux et déçoit beaucoup. Heureusement, dans mon cas, ma lecture a été extrêmement positive - et s'est même fait dans l'engloutissement le plus total, le temps d'une soirée - et je suis ressortie de ce roman réellement touchée et convaincue. 

L'auteur nous invite à suivre Hugo, un adolescent de dix-sept ans, interné en hôpital psychiatrique après avoir à moitié sauté par la fenêtre de sa salle de cours - tout à fait, à moitié. Les circonstances étaient... Particulières, disons -, enfile les mornes journées automnales sans grande conviction. Souffrant d'une profonde dépression causée par ce que son psychiatre diagnostique comme le syndrome du papillon, l'incapacité pathologique à faire des choix, il se morfond dans sa solitude et sa peur du lendemain... Jusqu'à sa rencontre avec Morgane. Morgane qui lui apprend des faits scientifiques improbables et adorables. Morgane qui ne sort que si le soleil ne brille pas mais qu'il ne pleut pas. Morgane qui s'ouvre et qui se ferme aussi imprévisiblement que les ailes d'un papillon. Morgane qui est Asperger. 

Dès les toutes premières pages, la voix simple et sans fioritures du narrateur crée une atmosphère authentique, sensible. On est véritablement au plus proche de ce que peut ressentir le jeune homme, on est traversé par ses angoisses comme par ses espoirs. Les tableaux tour à tour poétiques et mélancoliques, parfois les deux en même temps se succèdent avec douceur, les rencontres marquantes s'alternent, les personnalités attachantes s'additionnent... et les pages se laissent tourner toutes seules, au fur et à mesure de l'évolution d'Hugo, de son cheminement vers la guérison. 

Le Syndrome du Papillon est une petite parenthèse de poésie, une bouffée de fraîcheur qui pourtant ne se départit pas d'une teinte de nostalgie et de regrets. La simplicité de la langue côtoie et permet la profondeur du message, la lenteur de l'action participe de sa beauté. 
C'est le mélange doux-amer si caractéristique des adolescents qui réfléchissent un peu trop, ces réflexions justes et acerbes dont on a besoin, mais qui peuvent s'avérer bien pesantes. 
C'est un texte triste et beau, résolument optimiste.
C'est une jolie leçon d'espoir, un moment de lecture inspirant, un récit que l'on n'oublie pas de sitôt.

Note attribuée : 8,5/10


dimanche 4 décembre 2016

Bleu Blanc Sang tome 1 de Bertrand Puard - Chronique n°271

"Il n'y a pas pire affront à faire à un homme que de lui montrer ce pour quoi il était fait et en quoi il a échoué."

Titre : Bleu Blanc Sang tome 1 - Bleu
Auteur : Bertrand Puard
Genre : Thriller | Contemporain
Editions : Hachette
Nombre de pages : 
Résumé : 5 juin 2018. Tandis que l’on célèbre à Notre-Dame l’enterrement du Président de la République mort tragiquement quelques jours auparavant, un convoi transportant une toile d’une artiste du XVIIIème siècle inconnue, Justine Latour-Maupaz, est pulvérisé au lance-roquette sur une autoroute du centre de la France. Au même instant, à New York, une œuvre de la même artiste est adjugée pour la somme inouïe de 53 millions de dollars. Pour quelles raisons des forces obscures cherchent-elles à détruire précipitamment, ou à s’approprier soudainement, les travaux de cette peintre ignorée ? À qui profite ce regain d’intérêt ? Eva Brunante, dont le père, seul exégète de la peintre, a disparu, va se lancer dans une enquête aux ramifications politico-financières vertigineuses. Bienvenue dans la république Bleu Blanc Sang !

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Bertrand Puard m'avait fortement marquée avec sa série des Effacés il y a quelque temps déjà, et j'étais donc très agréablement surprise de découvrir la parution d'une nouvelle trilogie de cet auteur, Bleu Blanc Sang, dont les trois tomes sont parus simultanément - et heureusement, parce qu'attendre des mois la suite d'un thriller pareil aurait été humainement intenable, digne d'une torture à faire porter en justice.
Non, je ne m'enflamme pas. Jamais. Ce n'est pas mon genre. Vous me connaissez.

L'auteur renoue ici avec le thriller jeunes adultes, genre pour lequel il a déjà montré son talent certain. Avec des intrigues extrêmement bien construites, qui se déroulent sur plusieurs plans en apparence totalement étrangers les uns aux autres mais qui finissent par se fondre de façon maîtrisée et toujours surprenante, Bertrand Puard parvient à instaurer une tension constante. Son écriture fluide et entraînante n'est qu'un atout de plus pour un récit intenable, qui cueille son lecteur dès la toute première page et le fait voyager à travers le globe dans les méandres d'une enquête passionnante, qui mêle art, complots et politique. 

Il s'agit avec Bleu Blanc Sang de s'immerger dans un futur quasi-contemporain, l'an 2018, théâtre de la mort du Président de la République française, de la vente d'un tableau d'une artiste totalement méconnue à une somme inouïe, et de l'attaque au lance-roquettes d'un convoi transportant un autre tableau de cette même peintre.
Aucun rapport entre ces trois événements, vous en conviendrez.
Et pourtant.
De chapitre en chapitre, des liens se tissent progressivement entre ces faits divers, de façon suffisamment rapide pour créer un rythme délicieusement intense, et suffisamment mesurée dans le même temps pour que le lecteur conserve une part d'attente, et ait envie de poursuivre toujours plus sa plongée dans son roman. 

Bertrand Puard sait très bien où il emmène son lecteur, ce qu'il compte lui faire croire, et comment le faire vibrer. Il livre ici un premier tome prometteur au final retentissant, promesse de très, très belles choses pour la suite de la trilogie.
Du moins, belles si l'on apprécie la beauté des tragédies. Parce que niveau joie de vivre et charité humaine, je suis au regret de vous annoncer que ce roman n'est pas de ceux qui vont satisferont le plus. 

En bref, un thriller jeunesse maîtrisé au rythme implacable et à la structure convaincante, la promesse d'une saga policière passionnante, sur fond de corruption et de manipulation... L'art et la politique s'entremêlent ingénieusement, donnant naissance à un roman impossible à reposer, à découvrir sans hésiter pour une lecture intelligente et mouvementée !

Note attribuée : 8,5/10

jeudi 1 décembre 2016

Swap de l'Avent

Bonjour à tous !

Ninon du blog Livres de Coeur et moi avons décidé d'organiser un joyeux petit Swap à l'occasion de l'Avent, avec donc 25 petites surprises pour 25 jours à patienter jusqu'à Noël !
Nos seuls "impératifs" étaient trois livres, un cadeau en lien avec un voyage que l'on aimerait faire, et un cadeau fait par nos habiles petites mains...

Voici donc mon article récapitulatif, auquel j'ajouterai chaque jour une photographie du dernier cadeau déballé !

Commençons donc...
Avant déballage...
1er Décembre
Ca crève tellement les yeux que je suis une grande malade de chocolat ?

2 Décembre
Sans l'ombre d'un doute !

3 Décembre
Alerte. Trop d'adorabilité dans ces stickers. Je défaille.


4 Décembre
Un petit carnet à dessin spécial gribouillage ! Ninon me connaît bien... Photos de mes dessins à venir !
5 Décembre
D'adorables crayons argentés et dorés... Ninon connaît ma faiblesse assumée pour la papeterie !
6 Décembre
Chère Ninon qui a retenu ma passion pour Les Raisins de la Colère ! Merci, merci, merciiii !
7 Décembre
Mes aïeux, qu'est-ce que ce baume à lèvres sent bon. Si je n'étais pas aussi raisonnable, je le mangerais.
8 Décembre
Haaaaa un dessin animé de Noël, la base de l'existence !
9 Décembre
Je crois que Ninon a définitivement statué que j'étais une morfale.
10 Décembre
Je crois aussi que Ninon pense que j'ai besoin de verres d'alcool pour ne pas souffrir de ma solitude. Merci. Joli verre au fait.

11 Décembre
Oui. Je sais. Une guirlande, qui plus est aussi jolie que celle-ci, devrait être sur un MUR. Mais je n'ai pas encore trouvé la place. Alors je l'ai disposée avec amour sur le sol. ET VOILA.
12 Décembre
Du vernis... Il faut bien entretenir ses passions !


13 Décembre
IL EST PARFAIT. C'EST TOUT.
14 Décembre
Un carnet, un carnet, un carnet !
15 Décembre
Des marque-pages maison absolument adorables, que je chéris d'autant plus que nous les avions perdus, et que Ninon a eu la gentillesse de les refaire pour moi !
16 Décembre
Un petit bocal que Ninon a personnalité pour qu'il renferme mes souvenirs de voyage... Une très belle attention !
17 Décembre
Hiver. Chocolat chaud. Chocolat noir. OUI. OUI.