La lecture d'un roman jette sur la vie une lumière.
— Louis Aragon

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mardi 28 février 2017

Alexis Vassilkov ou la Vie Tumultueuse du Fils de Maupassant de Bernard Prou - Chronique n°297


Titre : Alexis Vassilkov ou la Vie Tumultueuse du Fils de Maupassant
Auteur : Bernard Prou
Genre : Biographie
Editions : Le Livre de Poche
Lu en : français
Résumé : À la veille de sa mort, Guy de Maupassant connaît une ultime idylle avec la peintre Lioubov Andréievna Vassilkova. Les tribulations d'Alexis, leur fils irrévélé, le conduisent dans la Russie révolutionnaire. Bientôt le jeune médecin fait partie de l'entourage proche de Staline et se retrouve déporté au goulag de Mirny, en Sibérie, où il est initié à la franc-maçonnerie dans une loge clandestine. Ses engagements, sa bonne fortune, l'appui occulte d'un chamane yakoute et l'amour de la belle Ayami, lui rendent la liberté et la France de son enfance. En 1940, Alexis rejoint la Résistance dans le maquis de Haute-Loire. Les aventures d'Alexis Vassilkov, personnage hors du commun que le dramaturge Fernando Arrabal a qualifié de héros strogoffien, épousent les turbulences du XXème siècle jusque bien après-guerre dans un même souffle épique et picaresque. Un livre qui vous emporte dans un tourbillon de sentiments et qui arrive avec une alchimie rare à mélanger ma passion pour la littérature, l'histoire et les grands espaces désertiques de la Sibérie. 

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J'aime m'emparer d'un roman à l'aveuglette, simplement à cause de ou grâce à son titre amusant, comme ce fut ici le cas pour Alexis Vassilkov, a priori cet intrigant fils de Maupassant que personne ne connaît ni d'Eve ni d'Adam - oui, je fais des rimes, c'est une innovation dans ma vie.

La curiosité éveillée par le résumé qui promet des aventures palpitantes dans des décors aussi divers que la Russie révolutionnaire, les camps du goulag ou la France résistante, on s'immerge très vite dans ce récit fluide et entraînant, qui raconte évidemment la rencontre de Guy de Maupassant et de Liouba, la naissance de leur fils pratiquement simultanée à la mort de l'écrivain devenu fou, puis l'enfance et l'adolescence du jeune Alexis, en France puis en Russie. Les épisodes rocambolesques se succèdent, et alternent également avec des chapitres consacrés à d'autres destins, à des personnages tiers qui viennent compléter le tableau à considérer. On peut parfois être légèrement déconcerté par cet afflux d'idées, d'éclectisme et de précision historique, mais le tout s'avère très distrayant et passionnant, malgré quelques petites baisses de rythme de temps à autre.

La démarche de l'auteur, à savoir faire découvrir un illustre inconnu dont le destin mériterait d'être aussi fameux que celui de son père, se révèle tout à fait honorable et même réussie : le roman se lit sans encombre aucune, grâce notamment au portrait très fort du personnage d'Alexis, dépeint de façon complète et attachante, que l'on se plaît à suivre dans les étapes de sa vie, globalement peu joyeuses tout de même - entre les communistes, le goulag et les nazis, on part quand même sur une base de bonne vie moyennement agréable -, et pourtant parsemées d'humour et toujours dynamiques et porteuses d'espoir.

En bref , un mélange improbable mais non moins plaisant de tranches de vie et de réflexions philosophiques, d'horreur et d'espoir, d'historique et d'anecdotique, un roman qui ne plaira sans doute pas à tous, mais qui présente indéniablement une originalité et un intérêt certains...

Note attribuée : 7,5/10

jeudi 23 février 2017

The Winner's Curse de Marie Rutkoski - Chronique n°296

Titre : The Winner’s Curse
Auteure : Marie Rutkowski
Genre : Fantasy
Editions : Farrar, Strauss & Giroux
Lu en : anglais
Nombre de pages : 355
Résumé : Winning what you want may cost you everything you love.


As a general’s daughter in a vast empire that revels in war and enslaves those it conquers, seventeen-year-old Kestrel has two choices: she can join the military or get married. But Kestrel has other intentions. One day, she is startled to find a kindred spirit in a young slave up for auction. 

Arin’s eyes seem to defy everything and everyone. Following her instinct, Kestrel buys him—with unexpected consequences. It’s not long before she has to hide her growing love for Arin. But he, too, has a secret, and Kestrel quickly learns that the price she paid for a fellow human is much higher than she ever could have imagined. 

Set in a richly imagined new world, The Winner’s Curse by Marie Rutkoski is a story of deadly games where everything is at stake, and the gamble is whether you will keep your head or lose your heart.


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This book was such a disappointment! After hearing so many enthusiastic echoes about The Winner’s Curse, I jumped incredibly impatiently in this book, eager to understand why it was so popular.
But, as it turned out… I didn’t get it.

Although it is only 350 pages long or so, I had a terrible feeling of boredom: the plot is really slow-paced, which can sometimes be an advantage, but here, it only creates a lack of dynamism, a true hole in the plot. Literally nothing happens in the first 250 pages, except a few rumors and other invasive and repetitive thoughts.

I get why so many readers appreciated it: the setting has a very peculiar atmosphere, the characters, also their personalities are not really deepened, have a potential, and the very last chapters eventually introduce a more intense plot. But still, the nice writing skills of the author were not enough to compensate all the romance and useless agitation that pollutes the book. Everything was unfortunately too tame... We’ll see with the sequel how this goes !

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On m’a énormément, énormément parlé de ce roman avant et au moment de sa parution VF, j’ai donc éprouvé une forte et légitime envie de me plonger dedans… Et s’il s’agissait d’une lecture fluide et sans aucun doute issue de bonnes intuitions de la part de l’auteure, ce roman dans sa globalité ne m’a pas entièrement convaincue.

The Winner’s Curse souffre de déséquilibres trop prononcés dans la progression de son intrigue, de personnages dont la personnalité demeure en surface, d’une intrigue inexistante dans la première partie du roman et bien trop dense dans son dernier tiers. Partant d’une histoire intéressante et immersive certes, mais loin d’être d’une originalité transcendante, il avait besoin de quelque chose d’unique, de savoureux, pour être mémorable, mais ce n’est malheureusement pas le cas.

Ce n’est pas un mauvais roman, simplement une histoire médiocre, et trop lassante pour un lecteur déjà amateur du genre qui commence à en connaître les codes classiques. Il y a énormément de titres à découvrir, et malheureusement, The Winner’s Curse ne paraît pas pour l’instant être l’un de ceux à découvrir de toute urgence. Il apportera sans doute un certain divertissement à quelques-uns d’entre vous, mais il faut pour cela dépasser deux premiers tiers très, très longs. Trop de romance, trop de rumeurs, trop d'éléments mal amenés viennent tuer les qualités d'écriture de l'auteur.

Note attribuée : 5/10 : un roman loin d’être mauvais, mais trop fade pour être marquant. Tous les éléments de son intrigue sont plutôt judicieux, mais ils ne sont pas exploités au maximum de leur potentiel… Et c’est dommage !


Bon, en revanche, la couverture est sincèrement appréciable. Miam.

mardi 21 février 2017

Rien ni personne de Lorris Murail - Chronique n°295

Titre : Rien ni personne
Auteur : Lorris Murrail
Editions : Sarbacane (collection Exprim')
Genre : Contemporain
Lu en : français
Nombre de pages : 168
Résumé : 
La vieille dame semble avoir poussé comme un champignon, au milieu de la clairière. Quand Jeanne la trouve par hasard, elle ne réagit pas, semble égarée. Jeanne n'a que faire d'une mamie sauvage : elle s'apprête à l'abandonner à qui voudra... et cependant, contre toute attente, elle revient sur sa décision et l'emmène avec elle pour un temps. La voilà dans la cabane où elle s'est établie, face à la mer, avec sur les bras cette vieille mutique qui ne lui appartient pas.

Jeanne a ses propres problèmes. En fuite, elle vise la lointaine Thaïlande, où elle espère exercer ses talents de boxeuse thaï. En effet, elle sait pouvoir encaisser les coups : son corps ne les sent pas. À l'intérieur, c'est une autre histoire.


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Un grand merci aux éditions Sarbacane et en particulier à Théophile pour cet envoi !

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Encore une fois, Exprim' a frappé.
Je sais. Ca en devient lassant. 
Mais qu'y puis-je.

A chaque fois, on se laisse surprendre, troubler, émouvoir par des histoires atypiques et attachantes, ici celle de Jeanne, adolescente qui encaisse les pires coups sans broncher, mais se révèle bien moins inébranlable lorsque c'est son esprit qui se voit attaqué. Passionnée de boxe thaï, elle ne rêve que de s'installer dans le pays qui a vu naître ce sport, pour s'y reconstruire, s'y trouver, se révéler. Mais alors qu'elle erre seule, tentant d'économiser pour assouvir ses désirs d'exotisme, elle croise par hasard le chemin de la plus étrange des vieilles dames. Amorphe, muette, sans réaction aucune à une quelconque stimulation extérieure, l'étrangère finit pourtant par se révéler plus attachante que prévu... Et Jeanne la prend sous son aile, la baptisant au passage Al. Al comme Alzheimer.

Jeanne n'a aucune idée de là où cette compagnie inattendue la mènera. Mais elle avance. Elles avancent.

Quelques premiers chapitres obscurs. Une héroïne qui ne se livre guère, et encore, uniquement à travers une narration qui ménage quelques zones d'ombres. De la souffrance qui se devine entre les lignes. Et tout doucement, l'intrigue qui se lance, la rencontre, l'apprivoisement, l'unique complicité qui se tisse entre les protagonistes désormais au nombre de deux. Un parcours, étonnamment agréable à suivre, et bientôt de nouvelles figures, des secrets dévoilés, la compréhension.

Tout ceci qui s'enchaîne dans une fluidité remarquable, avec âpreté et nostalgie à la fois, une déconcertante amertume teintée d'espérance, qui séduit autant qu'elle surprend son lecteur. On n'a dès lors d'autre choix que de parvenir au bout de ce court roman avec passion et émotion, pour le refermer avec le sentiment d'avoir appris quelque chose. Pas forcément d'avoir saisi toute la portée de l'histoire, d'avoir maîtrisé les personnages ou leurs aventures... Mais d'avoir goûté à une réflexion atypique et essentielle.

Un roman qui n'est sans doute pas des plus abordables ou grand public, mais qui s'avère d'une justesse et d'une intensité inoubliables. L'émotion saisit le lecteur dès les premiers chapitres, suivant une progression aussi splendide qu'étouffante jusqu'à un final retentissant. Le petit bout de chemin de Jeanne et d'Al est certes éphémère, mais il sera loin de disparaître aussitôt des méandres de votre mémoire. Comptez sur ces deux héroïnes improbables et pourtant toujours vraies pour vous accompagner longtemps...

Note attribuée : 8,5/10





jeudi 16 février 2017

Flora Banks d'Emily Barr - Chronique n°294

"Flora sois forte."

Titre : Flora Banks
Auteure : Emily Barr
Genre : Contemporain
Editions : Casterman
Lu en : français
Nombre de pages : 369
Résumé : DIX - L’âge que j’avais quand mon cerveau s’est détraqué.

HUIT - Années de validité de mon passeport.
SIX - Le nombre de personnes qui me cherchent au Spitzberg, dans l’Arctique.
QUATRE - L’âge auquel j’ai rencontré ma meilleure amie. Je ne dois plus jamais l’appeler, ni lui envoyer de SMS.
DEUX - Deux cailloux noirs. L’un m’appartient, l’autre est à Drake. Je le rejoindrai, où qu’il soit.
UN - Un souvenir. C’est tout ce qu’il me reste.

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Un grand merci aux éditions Casterman et en particulier à Agnès pour cet envoi !

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This book was incredibly, unbelievably, stunningly blow-minding, truly unique, with fascinating and complex layers of truths and lies impossible to distinguish, in short: I have seldom read novels as powerful as this one.

The One Truth of Flora Banks is a novel you should better know nothing about when starting it, so I am not going to tell you much about its plot. In a few words, it allows us to discover an unforgettable heroine, Flora Banks - well, thanks Captain Obivious, that was the book's title -, who suffers from a rare form of amnesia, which basically works like Dory's one. 

Yes. Dory, the blue fish. Perfectly.

Flora forgets everything. She is unable to memorize anything longer than two hours. She can however remember elements from her childhood, as her brain was only damaged when she was ten, but nothing else, except what she manages to write on her hands, on her arms, informations about her life, her family, what she has to do. 
But one day, she remembers something.
One day, everything around her falls appart.
One day, she gets a chance to discover who she is.

What is there to say, except that once you will begin this story, you will physically have to finish it in one sitting, that its hypnotic writing will make you so close to Flora that you will forget your own memory is actually working? That its unique narration, made of blanks and doubts, will captivate you as well as all the secrets and mysteries that slowly disappear to allow a striking and moving ending, that pages will go on turning until you remain out of breath? 

Well, maybe that to ought to read this book. Because you won't forget it.
[ROLE CREDITS]

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Ce roman était incroyablement, impitoyablement et prodigieusement retournant. Il s'agit là d'une véritable expérience littéraire, d'une quasi-aventure humaine aux côtés d'un personnage parmi les plus marquants qu'il vous sera donné de découvrir.

Flora.

Flora, qui depuis ses dix ans souffre d'amnésie antérograde.
Ce qui signifie pour éveiller dans vos esprits une image parlante, qu'elle a le même trouble que Dory.
Oui, mon exemple est d'une sagacité ultime.

Depuis lors, elle est donc incapable de se souvenir de quoi que ce soit plus de deux heures, à l'exception de certains éléments qui faisaient déjà partie de sa vie avant ses dix ans, et est obligée d'écrire des multitudes d'informations partout sur ses bras, ses cahiers, ses mains, et  de s'appuyer sur ses parents et sa meilleure amie.

Mais un jour, elle se réveille avec un souvenir. 
Un jour, tout est remis en jeu.
Un jour, elle est brusquement livrée à elle-même. Et elle a enfin l'opportunité de découvrir qui elle est.

L'intrigue de Flora Banks, qui n'a l'air de rien à première vue et prend son temps pour démarrer, est d'une immersivité étouffante, - non, le mot "immersivité" n'existe pas, mais je l'aime bien - notamment grâce à sa narration hors du commun : la voix qui guide l'avancement de l'histoire, celle de Flora, oublie les événements survenus deux pages plus tôt, se perd dans ses propres illusions et parvient malgré et grâce à cela à subjuguer son lecteur. On s'égare avec passion dans les questionnements de Flora au point d'en oublier que sa propre mémoire fonctionne correctement, on s'abandonne à errer dans le même brouillard fascinant qu'elle, animés par les mêmes espoirs qu'elle. 

Le rythme ciselé et lancinant du roman est celui de la quête morcelée de Flora, des multiples couches de vérités et de mensonges entremêlés qui se dégagent lentement jusqu'à éclater en un final aussi retentissant qu'émouvant, avec des révélations à tomber par terre qui viennent clore une lecture faite d'une traite, dans la boulimie littéraire la plus totale. 

Flora Banks est une plongée aussi étouffante que fascinante dans le destin d'une héroïne forte et splendide, un récit lancinant et poignant qui n'épargne jamais son lecteur, de la toute première à la dernière ligne, un tourbillon littéraire et humain qui ne vous laissera pas indemne, une aventure qui ne vous quittera pas sitôt que vous en aurez lu le dernier mot...

Note attribuée : 10/10 : Oui. J'ai un peu aimé.
Je crois qu'on peut même s'avancer à dire beaucoup.


mardi 14 février 2017

If I Was Your Girl de Meredith Russo - Chronique n°293

“For as long as I could remember, I had been apologizing for existing, for trying to be who I was, to live the life I was meant to lead.” 

Titre : If I Was Your Girl
Auteure : Meredith Russo
Genre : Contemporain
Editions : Flatiron Books
Lu en : anglais
Nombre de pages : 288
Résumé : Amanda Hardy is the new girl in school in Lambertville, Tennessee. Like any other girl, all she wants is to make friends and fit in. But Amanda is keeping a secret. There’s a reason why she transferred schools for her senior year, and why she’s determined not to get too close to anyone.

And then she meets Grant Everett. Grant is unlike anyone she’s ever met—open, honest, kind—and Amanda can’t help but start to let him into her life. As they spend more time together, she finds herself yearning to share with Grant everything about herself…including her past. But she’s terrified that once she tells Grant the truth, he won't be able to see past it.

Because the secret that Amanda’s been keeping? It’s that she used to be Andrew.

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Existe(ra) également en français

Titre : Celle dont j'ai toujours rêvé
Editions : PKJ
RésuméAmanda Hardy arrive dans un nouveau lycée. Comme beaucoup, elle souhaite avant tout s’intégrer. Mais malgré sa popularité, un secret l’empêche de s’ouvrir vraiment aux autres.

Sa rencontre avec Grant remet tout en question. Il est le premier garçon qui parvient à lui faire baisser sa garde. Alors qu’ils passent de plus en plus de temps ensemble, Amanda comprend qu’en se protégeant ainsi, elle passe à côté de sa vie. Elle sait qu’elle doit se faire violence et lui révéler qui elle est vraiment, mais elle est terrifiée à l’idée que cela le fasse fuir…

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This is an important book, which demystifies all the supputations, rumors and prejudices that subsist around being transgender, the fact of not identify with the gender you have been attributed at your birth, and even transsexual, the choice of going through a medical procedure to realign their physical gender to the one they identify to. Through its heroine, Amanda, who used to be called Andrew before her suicide attempt and her successful hormonal treatment and surgery. 
On the paper, her struggle is over. She eventually lives in the body she has desired for so long, her parents love her and care for her... But yet, she has to face her surrounding's hostility, particularly in the conservative South of the United States where she lives. She decides to make a new start in a new high school where absolutely no one knows about her story. But will she be able to overcome her past, to avoid the cruelty of foreigners?

I must admit I was both intrigued and afraid by this book: it tackles such an important topic that it had particularly high probabilities of becoming cheesy/stereotyped/imprecise.
But it does not. Not at any point.

The story is not exactly the most entertaining I have ever read, nor the writing is the most smooth, nor the characters the most endearing... But the main purpose of If I was Your Girl, striking our consciences, inspire hope, teach about the LGBT community's struggles. You finish this book moved, touched in a very deep way by its message's sincerity, the final words of the author who is herself transsexual, destined to both her cisgender and transgender readers, really meaningful and inspiring. As she says it herself, Amanda's story is not a unique example, nor a guideline, just a fictional path told to raise awareness. 

In a few words, If I Was Your Girl is a beautiful YA book with a transsexual main character that avoid all the traps it could have fallen into, and undoubtedly starts or pursues an evolution of the reader's thoughts about the topic, although the very romanced and literary part of the book might be a bit disappointing, with quite a slow rhythm and a predictable plot. Anyway, I recommend this book to anyone of you looking for a refreshing and true vision of gender issues...

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Ce livre est important. Il aborde un sujet bien trop souvent tu, surtout sur notre continent moins enclin à y penser qu'outre-Atlantique : le fait d'être transgenre, c'est-à-dire de ne pas se reconnaître dans le sexe que l'on s'est vu assigner à la naissance, et même transsexuel, suivre des traitements médicaux et même des opérations dans le but de faire correspondre son corps au sexe auquel l'on s'identifie. If I Was Your Girl, Celle dont j'ai toujours rêvé en VF, permet de découvrir le parcours d'Amanda, une adolescente de dix-huit ans qui a vécu la majeure partie de son existence dans le corps d'un garçon, jusqu'à sa tentative de suicide qui, aussi tragique fut-elle, lui a permis de se lancer ans un traitement hormonal puis une opération. Ainsi est-elle devenue aux yeux de tous la fille qu'elle était déjà depuis toujours. 

Mais même si tout est supposé enfin aller mieux pour elle, même si ses parents l'aiment et se soucient d'elle, rien n'est aisé, bien moins de choses seront aisées de toute façon pour elle, qui vit dans le très conservateur Sud des Etats-Unis. En faisant sa rentrée dans un nouveau lycée, elle espère enfin avoir droit à un nouveau départ, une nouvelle vie dans laquelle chacun la verrait comme une fille, sans aucune arrière-pensée. Mais comment échapper une bonne fois pour toutes à cette hostilité, à ces préjugés ?

Ce roman avait de très grandes chances de sombrer dans d'odieux stéréotypes ou des éléments dégoulinants de mièvrerie et d'édulcoration. Mais il évite toujours ces pièges, et permet de livrer un message frappant et porteur d'espoir, d'autant plus qu'il est complété par une postface de l'auteure, transsexuelle elle-même. L'histoire d'Amanda n'est pas un exemple parfait, un mode d'emploi à suivre à la lettre. Elle un parcours, fictif certes, mais inspirant, qui sonne juste, qui pourra, on l'espère, initier ou poursuivre une réflexion vraie et ouverte chez ses lecteurs.

Le récit pêche certes de cette forte dimension "didactique" sans l'être, avec un rythme peu soutenu, des personnages dont les personnalités auraient pu être plus hautes en couleurs, une intrigue qui demeure prévisible, mais ce n'est pas vraiment le point su lequel il faut se concentrer. D'un point de vue romanesque, on se contente de naviguer entre le présent d'Amanda, avec des épisodes rétrospectifs de son enfance et de son adolescence, on se laisse porter disons, avec une certaine passivité. Mais peu importe, vraiment, la lecture demeure fluide et surtout instructive et porteuse d'espoir et de tolérance.
Et je pense que personne ne me contredira si j'affirme que nous n'en avons jamais eu autant besoin.

En bref, un roman touchant et authentique décrivant un parcours d'adolescente transsexuelle comme il en existe des milliers, unique comme chacun d'entre eux, respectable et touchant. Le récit n'est certes pas des plus entraînants, mais sa portée morale et humaine est telle qu'elle justifie amplement la lecture d'If I Was Your Girl. A découvrir !

Note attribuée : 8/10

dimanche 12 février 2017

Quand le monstre naîtra de Nicolas Michel - Chronique n°292

« Je t'assure que je me souviens très précisément de ce moment où le monde a changé, en 1939. J'avais cinq ans. C'était la première fois que j'entendais le mot "guerre" et, sans le comprendre, je le trouvais déjà moche. »

Titre : Quand le monstre naîtra
Auteur : Nicolas Michel
Genre : Historique
Editions : Talents Hauts (collection les Héroïques)
Lu en : français
Nombre de pages : 297
Résumé : 1939. Malgré la guerre, Lucile, fille unique espiègle et insoumise, coule des jours heureux dans un petit village de Haute-Provence. Elle se lie d'amitié avec Elsa et Emmanuel, le jeune couple que ses parents hébergent dans une ferme.

Mais l’univers et les certitudes de Lucile s’effondrent lorsque Elsa et Emmanuel sont chassés et que ses parents lui annoncent la naissance prochaine d’un frère ou d’une sœur. Désormais, cet enfant sera pour elle « le monstre ».


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Un grand merci aux éditions Talents Hauts et en particulier à Lucie pour cet envoi !

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Ce roman a-t-il l'air original et captivant ?
En effet.

S'avère-t-il être une réussite ?
Incontestablement.

Vient-il surprendre son lecteur de la meilleure des façons qui soit ?
Oh que oui.

Quand le monstre naîtra est le récit fictif que Lucile, âgée de 85 ans, fait à sa petite-fille. Au fur et à mesure que les pages se tournent, elle permet  une véritable immersion dans son enfance, à l'aube puis en plein cœur de la Seconde Guerre mondiale. Tout espiègle et épanouie qu'elle était alors, elle s'est malheureusement vue rattrapée par la terrible réalité du conflit à travers les conversations si inquiétantes des adultes, de leurs yeux inquiets, des disparitions, des mensonges, des rumeurs. On est entraîné en Provence, aux côtés des parents aimants de la narratrice et de leurs amis et locataires, Elsa et Emmanuel, devenus au fil du temps de véritables amis, des membres de la famille à part entière. 

On est habitué à découvrir des récits de guerre du point de vue d'adultes ou d'adolescents révoltés, effrayés, et même engagés parfois... mais bien moins de celui d'enfants, alors qu'ils vivent au même titre que leurs aînés des événements parfois traumatisants au fil des années. C'est pourtant le défi auquel s'attelle - autant le dire tout de suite, avec brio - Nicolas Michel, qui saisit avec une justesse stupéfiante ce mélange de naïveté immature et de gravité, lucidité dont on oublie parfois qu'elle habite les enfants. La jeune Lucile grappille les informations qu'elle peut, brode autour des vides qui subsistent, se laisse dépasser par certains mystères, et vit d'une façon mémorable cette guerre, forcée à grandir et à dépasser le stade de "petite peste" qu'elle s'attribue elle-même. 

Le récit est tour à tour hilarant, poétique et poignant, mais jamais déprimant. Il demeure surtout porteur d'espoir, héritage d'une grand-mère qui veut économiser l'apprentissage de certaines leçons à sa petite-fille adorée. L'écriture est imprégnée d'émotion, l'atmosphère lumineuse et grave à la fois, le roman final splendide et indéniablement marquant. Un récit rétrospectif fictif mais si émouvant, détaillé et riche qu'il résonne de vérité : marquant surtout par ce point de vue d'enfant sur des conflits d'adultes, par ce recul bienveillant d'une vieille femme par rapport à sa prime jeunesse. 
Une lecture qui paraît essentielle dans un contexte où tant d'enfants vivent de terribles réalités, en Syrie pour  ne citer qu'un pays, et doivent à l'instar de Lucile composer entre leur esprit naturellement insouciant et l'hostilité de leur environnement, interpréter à leur façon les signaux qui inquiètent tant leurs parents. Une belle réussite pour la collection des Héroïques des éditions Talents Hauts, qui s'affirme une fois de plus comme un ensemble de titres à suivre !

Note attribuée : 9/10

vendredi 10 février 2017

A Court of Thorns and Roses de Sarah J. Maas - Chronique n°291

“Pity those who don't feel anything at all.”

Titre : A Court of Thorns and Roses
Auteure : Sarah J. Maas
Genre : Retelling | Fantasy
Editions : Bloomsbury
Lu en : anglais
Résumé : When nineteen-year-old huntress Feyre kills a wolf in the woods, a beast-like creature arrives to demand retribution for it. Dragged to a treacherous magical land she only knows about from legends, Feyre discovers that her captor is not an animal, but Tamlin—one of the lethal, immortal faeries who once ruled their world.

As she dwells on his estate, her feelings for Tamlin transform from icy hostility into a fiery passion that burns through every lie and warning she's been told about the beautiful, dangerous world of the Fae. But an ancient, wicked shadow grows over the faerie lands, and Feyre must find a way to stop it . . . or doom Tamlin—and his world—forever. 

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Existe(ra) également en français

Parution : mars 2017
Titre : Un Palais d'Epines et de Roses
Editions : De la Martinière
Résumé : 
En chassant dans les bois enneigés, Feyre voulait seulement nourrir sa famille. Mais elle a commis l'irréparable en tuant un Fae, et la voici emmenée de force à Prythian, royaume des immortels.
Là-bas, pourtant, sa prison est un palais magnifique et son geôlier n'a rien d'un monstre. Tamlin, un Grand Seigneur Fae, la traite comme une princesse.
Et quel est ce mal qui ronge le royaume et risque de s'étendre à celui des mortels ?
A l'évidence, Feyre n'est pas une simple prisonnière. Mais comment une jeune humaine d'origine aussi modeste pourrait-elle venir en aide à de si puissants seigneurs ?
Sa liberté, en tout cas, semble être à ce prix.

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I absolutely adore retellings, especially fairy tales ones, so I kind of challenged myself to read as many as I could. A Court of Thorns and Roses was highly ranked on my list of "Top Retellings that Everyone has Read and Adored and You Didn't"... and it was good.
Not incredibly good.
Let's say... decent.

My main struggle with this book was its unbalanced rhythm: its first three quarters were really slow, sometimes even repetitive, without any visible aim to them, whereas the last one was so intense and fast-paced that it made the whole story quite destabilizing and maybe as not enjoyable as it could have been.  

By reading this book, you will unfortunately not be able to find again the magic of the original fairy tale, the pureness and eeriness of its characters and romance, the smoothness of its pace. Undeniably, Sarah J. Maas had the greatest intentions, but she does not manage here to make them grow into a perfectly balanced and thrilling story. However, I still have hope about the second book about which I've again heard many great things, including the fact that it used the bases the first one had successfully built. We'll see! 

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Voici un roman dont on m'a énormément, profusément, abondamment parlé, dont les critiques étaient diverses et variées, tantôt dithyrambiques, tantôt mitigées. Enfin, j'ai pu le découvrir un peu avant sa parution VF, et si ma lecture a été rapide et fluide, elle n'a pas été cependant sans anicroches. 
Oui. J'ai utilisé le terme anicroches. Je l'assume.

L'idée conductrice de ce roman est de reprendre le célébrissime conte de La Belle et la Bête en mêlant les principaux éléments de son histoire à d'autres originaux, ici un monde rattaché à de la fantasy, une romance particulièrement accentuée, la présence de tout un peuple féerique menaçant envers les pauvres petits mortels dont fait partie l'héroïne... Une promesse attirante, qui donne lieu à un développement qui tient ses engagements de base, mais qui ne permet pas vraiment au récit de prendre son envol.

L'intrigue s'avère notamment bien trop déséquilibrée, entre trois premiers quarts très lents, presque pesants, dans lesquels on devine une volonté de créer une atmosphère lourde de sens et riche, mais qui sont surtout redoutablement répétitifs, et de tous derniers chapitres si denses qu'ils en deviennent précipités, en contraste assez brutal avec une majorité de roman dépourvue d'une telle tension.

On n'a de plus tout simplement pas le sentiment de retrouver la magie et l'attachement si particuliers que l'on avait pour le conte de fées original - contrairement aux Chroniques Lunaires de Marissa Meyer, pour lesquelles c'était bien le cas. On découvre bel et bien une intrigue mêlant merveilleux, fantastique et romance, mais elle ne capture pas l'essence de ce qui rend la rencontre de la Belle et de la Bête inoubliable pour tant de lecteurs et auditeurs. L'auteure se perd dans des méandres de romance inaboutie et surtout un peu malsaine, qui contraste par rapport
OUI. On parle toujours grosso modo d'une fille qui tombe amoureuse de quelqu'un qui n'est pas de son espèce. Mais il y a différentes façons de raconter cela.

Il s'agit là d'un roman indéniablement divertissant et témoin d'une volonté d'innovation, mais qui se cherche encore un peu. Le second volet de la trilogie sera, espérons-le, plus abouti, plus dense et plus satisfaisant, car le premier tome ne parvient malheureusement pas à faire plus que poser des bases, aussi soignées soient-elles. Ses personnages ne parviennent pas à s'assurer l'affection du lecteur, les enjeux de l'intrigue sont trop souvent désamorçables comme par magie, et le tout est ainsi aussi prometteur que frustrant. A voir par la suite...

Note attribuée : 5/10




lundi 6 février 2017

Bilan du mois [Janvier 2017]

Bonjour à tous !

Me revoici pour ce bilan après un mois de janvier, disons...
Âpre.

Mais nous continuons à lire malgré tout, parce que sans bouquins, nous ne sommes rien, c'est Capucine qui vous le dit. JE SUIS FORMELLE.
Voici donc le bilan de ce mois, avec 14 livres lus !

Les deux coups de cœur du mois...
Flora Banks d'Emily Barr : ce livre. Etait. Fou.
C'est tout.
Je vous en reparle dès qu'il sort.
And I Darken by Kiersten White - VO : un texte absolument unique, d'une grande richesse, un récit historique alternatif dont je guette la suite avec avidité. 
GRANDE avidité.

J'ai adoré...
Le Garçon qui courait de François-Guillaume Lorrain : une biographie captivante d'un athlète coréen qui remporta le marathon des Jeux Olympiques de Berlin en 1936, sous les yeux d'Hitler... Et en courant sous les couleurs du Japon, qui dominait alors son pays. Un récit émouvant et très riche, viiiiiiiivement recommandé !
Culottées de Pénélope Bagieu : une BD féministe et révoltante qui se revendique comme telle, merveilleusement débordante d'humour et d'irrévérence !
Carry On de Rainbow Rowell - VO : une lecture aussi drôle qu'enthousiasmante, portée par des personnages principaux devant lesquels on ne peut que fondre !

J'ai beaucoup aimé...
Phobie Douce de John Coley Whaley : une histoire douce-amère sur l'adolescence et ce qu'elle peut apporter de pire et de meilleur. Des personnages hauts en couleur, parfois un peu trop certes, mais clairement marquants !
Paranoïa de Melissa Bellevigne : un récit troublant et mené de façon à égarer le plus possible son lecteur dans les méandres sinueux d'une intrigue reposant sur des troubles psychologiques, des hallucinations et des complots captivants...

J'ai bien aimé...
Commando Adams - Cherub tome 17 de Robert Muchamore : la digne suite et fin (si, si) d'une saga mémorable, à l'humour, aux personnages et à l'action bien particuliers... 
Rock War tome 1 de Robert Muchamore : un roman porté par un thème assumé et très immersif de la musique, au concept très convaincant et au ton enlevé des plus divertissants.
Rock War tome 2 de Robert Muchamore : un second tome dans la lignée du premier, et peut-être même plus fluide encore !

J'ai plutôt aimé...
A Court of Thorns and Roses de Sarah J. Maas : une réécriture de conte indéniablement en quête d'originalité, mais qui demeure encore imparfaite, avec un rythme très inégal entre trois premiers quarts très lents et un dernier vraiment dense, des pics d'émotion un peu brusques et des facilités et autres éléments un peu prévisibles. L'ensemble reste agréable à découvrir cependant, et j'ai tout de même hâte de découvrir le deuxième tome dont j'ai entendu qu'il était bien meilleur que celui-ci !
La Porte du Ciel de Dominique Fortier : un roman très riche à la plume remarquable, s'intéressant à la Guerre de Sécession, mais dont la narration très particulière, toujours externe, et l'intrigue quelque peu détachée du sort de ses personnages peut déstabiliser.

Je n'ai guère apprécié...
Blue de Camille Pujol : un roman témoin des meilleures intentions, écrit à seize ans seulement par son auteure, qui souffre de nombreux défauts et autres maladresses qui rendent sa lecture assez peu convaincante.
My Sister's Keeper de Jody Picoult - VO : un récit que l'on m'avait hauuuutement vanté, mais par lequel j'ai été très déçue : d'une part par son style assez convenu, mais d'autre part et surtout par sa morale... Inexistante, alors qu'il aborde des thèmes essentiels et sujets à controverse.

Sur ce,  je vous souhaite un excellent mois de Février, mes braves !

mercredi 1 février 2017

Phobie Douce de John Coley Whaley - Chronique n°290

Titre : Phobie Douce
Auteur : John Coley Whaley
Genre : Contemporain
Editions : Casterman
Lu en : français
Nombre de pages : 312
Résumé : De toute façon, Solomon n'avait jamais besoin de sortir de la maison. Il avait de la nourriture. Il avait de l'eau. Il pouvait voir les montagnes depuis la fenêtre de sa chambre. Ses parents étaient si occupés qu'il organisait sa vie à la maison à sa guise. Jason et Valérie Reed n'intervenaient pas, parce que finalement céder à leur fils était la seule solution pour qu'il aille mieux. À L'âge de seize ans, il n'avait pas quitté le domicile familial depuis trois années, deux mois et un jour. Il était pâle, assez souvent pieds nus, et allait plutôt bien.

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Un grand merci aux éditions Casterman et en particulier à Agnès pour cet envoi !

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Ce roman me tentait déjà depuis sa parution VO, aussi, vous vous imaginerez aisément la joie que j'ai pu ressentir en découvrant cet envoi des éditions Casterman. Admirez plutôt :

BREF. Cessons ces considérations picturales.

Phobie Douce - oui, vous noterez le jeu de mots qui pourrait presque passer pour une création de mon cru - est un roman beau, touchant, drôle et réaliste, dont le trio de personnages principaux ne fait que devenir plus approfondi et sympathique au fil des chapitres.
Phobie Douce, c'est l'histoire de Solomon, qui n'est plus sorti de chez lui depuis trois ans à cause de son épouvantable phobie sociale et de son trouble anxieux, de Lisa, qui s'est mis en tête de le guérir et de rédiger un mémoire à son sujet pour intégrer le cursus de psychologie d'une prestigieuse université, et de Clark, son petit ami, qui se retrouve bon gré mal gré embarqué dans le plan de Lisa. 

Ca n'a pas l'air très joyeux, ce que tu nous vends là, me direz-vous. Mais cela s'avère en réalité magique.

Des liens d'amitié inattendus et vrais se tissent, des secrets se dévoilent, une confiance mutuelle entre les personnages autant qu'avec le lecteur se crée, alors que les pages se tournent à grande vitesse... Le triangle de personnages principaux témoigne d'un véritable travail de la part de l'auteur sur chacune de ces figures aux personnalités complexes, loin d'être lisses et parfaites, qui portent avec eux leurs peurs autant que leurs rêves, et se construisent, s'aiment et se confrontent les uns les autres.

Des dialogues aussi vifs que drôles aux situations tour à tour cocasses et réconfortantes, en passant par des crises et des pics de tensions saisissants, tout est réuni pour parvenir à une histoire atypique et authentique. Car il s'agit bien là d'un récit avant tout humain, aussi cabossé que ses personnages, fait d'erreurs, de mensonges autant que de belles intentions... Mais subsiste heureusement ce qu'il y a de meilleur en chacun, sa propension inouïe à espérer. Oui, Phobie Douce appelle à l'espoir, pas au miracle, parce que cela serait aussi déprimant qu'incongru, mais à avoir foi en chacun, en ses amis, à attendre un lendemain meilleur même lorsque l'on est au fond d'abîmes de noirceur. 

En bref, une très belle surprise pour un récit lumineux qui ne tombe jamais dans les écueils que l'on pourrait redouter, mais ne cesse de surprendre par sa fraîcheur, et sa justesse, alors qu'il aborde des thèmes qui peuvent très facilement virer au mièvre ou au stéréotype, la maladie mentale, l'adolescence, la famille, la quête d'identité, l'homosexualité... Le tout se dévore, trouble et émeut, mais aussi fait sourire et rire, et le résultat est indéniablement réussi. Pour une lecture réfléchie qui fait réfléchir, riche en humour autant qu'en interrogations passionnantes !

Note attribué : 8/10