La lecture d'un roman jette sur la vie une lumière.
— Louis Aragon

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dimanche 5 novembre 2017

Turtles All The Way Down de John Green - Chronique n°381

Titre : Turtles All The Way Down
Auteur : John Green 
Genre : YA | Contemporain
Editions : 

Lu en : anglais
Nombre de pages : 286
Résumé : 
Sixteen-year-old Aza never intended to pursue the mystery of fugitive billionaire Russell Pickett, but there’s a hundred-thousand-dollar reward at stake and her Best and Most Fearless Friend, Daisy, is eager to investigate. So together, they navigate the short distance and broad divides that separate them from Russell Pickett’s son, Davis.

Aza is trying. She is trying to be a good daughter, a good friend, a good student, and maybe even a good detective, while also living within the ever-tightening spiral of her own thoughts. 

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Existe également en français

Titre : Tortues à l'infini
Editions : Gallimard Jeunesse

Résumé : Aza, seize ans, n'avait pas l'intention de tenter de résoudre l'énigme de ce milliardaire en fuite, Russell Pickett. Mais une récompense de cent mille dollars est en jeu, et sa Meilleure et Plus Intrépide Amie Daisy a très envie de mener l'enquête. Ensemble, elles vont traverser la petite distance et les grands écarts qui les séparent du fils de Russell Pickett : Davis.
Aza essaye d'être une bonne détective, une bonne amie, une bonne fille pour sa mère, une bonne élève, tout en étant prise dans la spirale vertigineuse de ses pensées obsessionnelles.
Aza, Daisy, Davis, trio improbable, trouvent en chemin d'autres mystères et d'autres vérités, celles de la résilience, de l'amour et de l'amitié indéfectible.

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Here's a very strange book. 
Aza is sixteen. And she struggles with everything, from getting up in the morning to behaving like a normal human being - what is "normal" anyway? 
She suffers from OCD and generalized anxiety disorder. 
But her life does not only boil down to her mental health, or at least, she doesn't want it that way. She can rely on her best friend, Daisy, who writes Star Wars fanfiction, a caring though helpless mother, vivid memories of her late father, and now, she has a mystery to solve: the disappearance of a mysterious billionaire who used to live nearby with his two sons. 

This disappearance, even though Aza doesn't know it yet, will be the starting point for something else. Something new. Something better? 

John Green knows how to create endearing teenage characters, how to give voice to one of them, how to create whimsical stories, with quite an odd and quirky kind of atmosphere. It is again the case with his latest novel, which involves peculiar teenagers, beautiful quotes that one could already imagine printed on some posters, a story without any actual point, some beautiful and nostalgic passages, and in the end, quite an impossible book to sum up. 

You cannot say that Turtles all the way down's "recipe" doesn't taste good or that it has fundamental flaws that spoil it all. No, on the contrary, this novel offers a really nice writing with some beautiful scenes and well-written dialogues. But you cannot say either that this book is deeply innovative, that it brings a whole new perspectives to mental health's issues, or that its reader will ineluctably remember it with deep emotion for ages. 

Maybe some of you will feel that way, maybe this book will make you feel personally committed to Aza's fate and move you to tears, but it appears to me that unfortunately, the reader remains on the surface of the plot, of the characters, of the narrator's thoughts, apart from some incredibly immersive passages, mostly those depicting Aza's OCD. The romance elements seem quite out of place, the whole "mystery" aspect of the novel is eventually limited to a small portion of the actual book, and the novel as a whole lacks a particular emotion, a particular message, a particular point. And surely, John Green never intended to write a mystery novel, but rather an insight into a very peculiar life at a precise moment, the occasion to start some personal thoughts about a wide range of subjects... but that approach doesn't come to an utterly satisfying end. 

Before coming to a conclusion, I want to give all credits to the author for depicting Aza's mental health in a realistic and really appealing way, without any stereotyped or sensational vision... Actually, Aza's anxiety is so accurate and palpable for the reader they can become triggering for those of you who have an experience with these violent feelings, so be prepared. 

In the end, this book is sensitive, it is original, it is intriguing. Yet in my very personal opinion, Turtles all the way down will remain enjoyable but not brought to completion, sometimes touching but, globally speaking, quite forgettable. People are reacting to this story in a number of different ways, and I am certain some readers among you will have their hearts broken by Aza's journey just as others will remain mere spectators of it. It all depends on you, on your personal background, on your sensibility.

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Il était attendu, ce roman, après des années et des années sans nouvelles d'un écrivain qui a vu deux de ses romans adulés portés à l'écran et dont le nom s'est retrouvé affiché partout. 

Et il revient. 
Avec, comme d'habitude, un roman si particulier qu'il est impossible de résumer son essence en quelques paragraphes.
C'est impossible, c'est pourquoi je vais bien sûr m'empresser de le faire. 


Turtles all the way down ou Tortues à l'infini en VF est un roman dont il vaut mieux ne pas savoir grand-chose avant de se plonger dedans. Son intérêt repose en effet sur son atmosphère étrange, déstabilisante, délicieusement et bizarrement particulière, qui commence à devenir la marque de fabrique de John Green, dont on retrouve d'ailleurs tous les ingrédients familiers ici. 
Un protagoniste socialement inadapté ? Check. 
Une histoire d'amour en dehors de toutes les représentations habituelles que l'on fait de la romance ou du couple ? Check. 
Des adolescents un peu perdus dans leur vie et des parents qui le sont encore plus face à eux ? Check.
De très belles et très poétiques citations qu'une cohorte de fans va s'empresser d'imprimer sur des posters/tee-shirts/avants-bras ? Check.
De la mélancolie par paquets ? Check aussi. 

Loin de moi l'idée de présenter ce nouveau roman comme une pâle copie de ses prédécesseurs : il n'en est rien. Simplement, difficile de s'émerveiller et de se prendre de stupéfaction pour cette histoire qui demeure malgré tout dans la lignée de celles d'Hazel de The Fault In Our Stars / Nos Etoiles Contraires, de Quentin de Papertowns / La Face Cachée de Margo et des autres. 

Turtles all the way down a sa spécificité, son ambiance, ses dialogues touchants et ses personnages propres, avec Aza, une jeune fille qui lutte contre son TOC et son trouble d'anxiété généralisé, sa mère attentionnée mais démunie face à cette maladie, ou encore sa meilleure amie Daisy. L'intrigue aussi a ses points d'accroche : la disparition d'un milliardaire fantasque qui vivait non loin de chez Aza, une romance...  
Mais le roman ne va pas au bout de ce qu'il entreprend, il ne laisse pas de marque propre ou mémorable sur son lecteur. On trouve bien des éclairs de génie, des passages qui produisent une forte impression, des moments bouleversants et même violents comme ceux qui décrivent de façon terriblement réaliste les attaques de panique d'Aza et la façon dont elle doit gérer son TOC au quotidien - des extraits si vivaces qu'ils pourraient même être difficilement supportables pour ceux d'entre vous qui souffrent de tels troubles. Mais tout se perd dans un ensemble sans ligne de fuite distincte, sans message global, sans aboutissement. 

Lorsque l'on tourne la dernière page de cette histoire, on a cette impression de soufflé qui retombe, et la question "et donc ?" qui reste en tête. L'aspect "intrigue à mystère" du roman ne revêt finalement qu'une importance minime, les scènes de romance tombent parfois un peu comme un cheveu sur la soupe, et il est difficile de se sentir pleinement investi dans l'intrigue aux côtés de ses protagonistes. Le lecteur est présent, bien sûr, il peut être touché par le récit de temps à autre, mais demeure la plupart du temps spectateur extérieur. Ce ressenti final est d'autant plus frustrant que l'on ne peut que reconnaître le talent et les bonnes intentions et intuitions de John Green qui sait sans contexte écrire et élaborer ces atmosphères irréelles qui font son charme. Certains seront sans doute transportés, d'autres ne comprendront pas l'intérêt de ces quelques 300 pages de questionnements existentiels à un moment donné d'une vie en particulier. Le roman a ses qualités, ses défauts, et il aurait dû avoir tout pour constituer un récit mémorable. Simplement, pour finir avec une image d'une sophistication folle, la mayonnaise ne prend pas. 


Je sais. J'ai le don de la conclusion. 

2 commentaires:

  1. Dommage... Il me tente quand même bien.

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  2. On a exactement le même avis sur ce livre. Mon avis est partagé. Il y a du bon et du mauvais. J'ai vraiment l'impression que l'auteur n'est pas allé au bout des choses. Le résumé est intéressant, l'ambiance aussi mais il m'a manqué ce petit quelque chose.

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