La lecture d'un roman jette sur la vie une lumière.
— Louis Aragon

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dimanche 12 novembre 2017

L'Aube sera Grandiose d'Anne-Laure Bondoux - Chronique n°383

Titre : L'Aube sera Grandiose
Auteure : Anne-Laure Bondoux
Editions : Gallimard Jeunesse
Genre : YA
Lu en : français
Résumé : Ce soir, Nine, seize ans, n'ira pas à la fête de son lycée. Titania, sa mère, en a décidé autrement. Elle embarque sa fille vers une destination inconnue, une cabane isolée, au bord d'un lac. Il est temps pour elle de lui révéler l'existence d'un passé soigneusement caché. Commence alors une nuit entière de révélations...
Qui sont Octo, Orion et Rose-Aimée  ? A qui appartient cette mystérieuse cabane ? Et ce vélo rouge, posé sous l'escalier ?
Au fil d'un récit souvent drôle, parfois tragique et bouleversant, Nine découvre un étonnant roman familial.
Quand l'aube se lèvera sur le lac, plus rien ne sera comme avant.

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Une cabane complètement perdue au milieu de nulle part, cernée par un lac, une nuit entière, sans la moindre perturbation, et surtout une mère et sa fille. 

Le décor est planté. 

La première connaît l'endroit, elle sait pourquoi elle y est revenue, elle est la maîtresse du temps.
La seconde, éberluée par le comportement de sa mère, demeure encore dans l'ignorance la plus complète de ce qu'il va s'ensuivre. 

Mais ce n'est l'affaire que de quelques heures pour qu'il en soit autrement, pour que certains secrets soient levés, pour que les points d'interrogation finissent enfin par tomber. 

Et tout cela fonctionne diablement bien.
Le roman suit la trame classique du "récit familial" type : des révélations, une fresque à travers différentes époques, de la rancœur, de la nostalgie, de l'espoir... Mais il parvient à trouver sa spécificité, sa saveur propre, grâce à son écriture ciselée, poétique et délicieusement fluide en même temps, et grâce à sa tension dramatique d'une belle intensité. 

Anne-Laure Bondoux parvient à peindre des portraits de personnages brillants, qui ne cessent de dévoiler toute leur complexité du fil du roman. On est surtout marqué par la fratrie formée par Conso, Octo et Orion, qui est décrite avec tant de soin et de justesse qu'elle porte le roman entier, et fascine d'un bout à l'autre. La voix de Titania emporte avec une efficacité redoutable le lecteur, et le roman se lit avec une avidité rare... Mieux vaut prévoir quelques heures libres dans sa journée avant de s'y plonger, car la moindre pause devient vite une torture !

Le rythme est maîtrisé, la tension se maintient et croît même au fur et à mesure que l'on avance dans le récit, sans qu'aucune lourdeur ne vienne perturber la course folle des heures et des secrets chuchotés. On peut enfin saluer la justesse avec laquelle sont amenées les révélations finales, qui ne sont ni grotesques ni pesantes comme dans tant de romans du même genre, mais qui paraissent au contraire délivrées dans un cadre naturel, crédible, avec une émotion frappante. On s'attache particulièrement à la figure de Conso - alias Titania -, avec ses passions débordante, ses bizarreries et surtout ses errements et ses doutes que l'on se retrouve à partager de façon aussi irrationnelle qu'intense. 

Le principal reproche qui pourra être émis à l'encontre de ce roman est en fait le contraste entre les passages consacrés au récit de Titania et ceux dans lesquels ils sont enchâssés, qui se déroulent durant la nuit dans la cabane. Ces courts chapitres, essentiellement des dialogues entre mère et fille, sonnent curieusement beaucoup moins juste que le reste du roman, ne conférant à Nine qu'un personnage d'ado caricatural aux réactions très imbibées de stéréotypes. Ces passages n'occupent pas un rôle essentiel dans le roman, mais il reste dommage de constater un tel déséquilibre, à l'origine d'une rupture qui donne presque envie de sauter ces quelques pages lorsqu'elles surviennent. Pourquoi briser un fil narratif par ailleurs parfaitement maîtrisé pour ces passages un peu fades presque intégralement concentrés sur les soupirs d'une adolescente qui se lamente de l'absence de réseau et sa dégustation d'une barre chocolatée ? 
OK. Je caricature. Mais quand même

Mais au-delà de cette "erreur de casting" que peut être le personnage de Nine, on se souvient de L'Aube sera Grandiose comme un roman teinté d'une grande sensibilité, au sein duquel Anne-Laure Bondoux parvient à créer un merveilleux sentiment d'intimité entre lecteur et personnages. Le récit fonctionne d'un bout à l'autre, et apporte un moment de lecture très divertissant, non sans quelques moments d'émotion. On demeure lié aux personnages tout au long du récit, et ce même une fois la dernière page tournée... Une belle réussite qui mérite amplement son prix Vendredi du roman jeunesse ! 

4 commentaires:

  1. Mince alors pour les courts chapitres mais le reste du récit a l'air très beau, j'ai hâte de découvrir la plume de cette autrice :)

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  2. Ce nouveau roman d'Anne-Laura Bondoux me tente beaucoup :D et quelle couverture !

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  3. Je n'ai pas encore découvert Anne-Laure Bondoux mais c'est une auteur qu'il faut vraiment que je découvre.

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  4. J'ai hâte de le découvrir, je viens de le recevoir il me tente vraiment !

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