La lecture d'un roman jette sur la vie une lumière.
— Louis Aragon

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mardi 28 novembre 2017

Phobos tome 4 de Victor Dixen - Chronique n°385

Titre : Phobos tome 4 - Horizons
Auteur : Victor Dixen
Genre : Science-fiction
Editions : Robert Laffont (collection R)
Lu en : français
Nombre de pages : 650

Grâce à ton petit cerveau dynamique, tu auras pu constater qu'il s'agit d'un tome 4 : ne lis donc pas le résumé ci-dessous, à moins que tu ne veuilles vivre une expérience assez maso. En revanche, ma chronique ne comporte aucun spoiler !

Résumé : 
LANCEMENT DES CHAÎNES DES PIONNIERS DANS

3 SECONDES...
2 SECONDES...
1 SECONDE...

ILS PEINENT À REPRENDRE LEURS MARQUES.

Ils sont les rescapés du programme Genesis. Exilés sur Mars, ils ont traversé un désert de solitude. De retour sur Terre, ils sont emportés par un tourbillon de célébrité.

ELLE PEINE À REPRENDRE SON SOUFFLE.

Obsédée par des questions sans réponse, Léonor refuse les honneurs et les caméras. Le danger planant sur la planète bleue est-il vaincu pour toujours ? Les secrets hantant la planète rouge sont-ils enfouis à jamais ? Et si, d'un bout à l'autre du système solaire, tout pouvait basculer à nouveau ?

MÊME SI L'ANGOISSE MÈNE AU BORD DE L'ASPHYXIE, IL EST TROP TÔT POUR RESPIRER.


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Je nourris un amour immodéré pour cette saga, et croyez-moi, ce sera bientôt votre cas aussi. 

A première vue, Phobos n'a l'air de rien, ou plutôt d'un énième roman de science-fiction et de conquête spatiale enrobé d'histoires d'amour pour faire passer la pilule. 
Fausseté.
Ce n'est que ce que vous croyez. 

Phobos se révèle au fil des tomes constituer une véritable fresque dramatique au sein de laquelle le lecteur sait qu'il peut en permanence - et va - être désarçonné, questionné, bouleversé. Sentiments, actions, complots, tout s'entremêle, se répond et se nourrit dans une même dynamique maîtrisée. Chaque tome gagnait en maturité, apportait de nouvelles thématiques, voyait ses personnages évoluer, jusqu'aux dernières pages si déchirantes du tome 3 qu'on peinait à s'imaginer ce que pourrait donner un nouvel opus. 

Il était en effet difficile pour Dixen de livrer à ses lecteurs un final à la mesure de ce qu'avaient minutieusement et talentueusement construit les trois tomes précédents : des dizaines de personnages, des années d'attentes, de mensonges, de projets, de passions et de trahisons.
Et pourtant. 
Mes aïeux.
Ce dénouement. 

On pouvait redouter que Victor Dixen ne se perde entre cette multitude de tableaux narratifs, dans l'espace, sur Mars, sur les réseaux sociaux, sur Terre, du Japon à la banlieue parisienne en passant par le cap Canaveral, dans les cavernes et les recoins de chacune des deux planètes, mais il n'en est rien. Avec un sens du récit qui touche au virtuose, il emmène avec lui son lecteur pendant plus de 650 pages sans la moindre baisse de rythme - au grand contraire ! La tension ne fait que grimper, sans jamais verser dans "l'hystérie" non plus : tout est clair, limpide même, passionnant surtout.

Le roman déroule tous ses enjeux jusqu'au bout, n'hésitant pas à toucher à des problématiques actuelles ni à décrire des événements durs, qui s'intègrent parfaitement à la fiction, la nourrissent même, sans sentiment de "superposition narrative", sans ton didactique indigeste. Phobos est à mes yeux ce que la science-fiction jeunes adultes a à offrir de meilleur, en ce sens qu'elle est à la fois parfaitement accessible,  et dans le même temps exigeante, riche, profonde, et ne se satisfait pas d'une lecture superficielle. 
L'auteur combine la simplicité, dans le sens où cette saga sera plaisante et compréhensible pour tous, à une véritable complexité. Le lecteur est bel et bien seul face aux dilemmes que suscite l'intrigue à laquelle il est confronté, mais jamais perdu. Il s'investit personnellement, s'attache, s'interroge. Phobos est une expérience en elle-même, à mettre entre toutes les mains. 

Ainsi, la saga atteint des sommets d'intensité dans ce final à couper le souffle, aussi bien sur le plan émotionnel que quant à son action pure. L'action est décrite de façon saisissante, les personnages se transforment sans jamais trahir leur personnalité originale. Les deux cents dernières pages sont un marathon littéraire, une folle course contre-la-montre à laquelle on est incapable de s'arracher, jusqu'à une conclusion aussi déchirante que surprenante, qui ne peut que convaincre tant elle semble juste. Phobos s'achève dans le fracas, mais en réalité de la seule façon satisfaisante. L'auteur signe une conclusion sans compromis, offrant à ses héros les absolus dont ils ont rêvé quatre romans durant, et laissant le lecteur chamboulé - voire en état d'hébétude profonde - et inspiré par ce qu'il vient de vivre. 

Alors foncez, que diable. Allez investir dans cette saga, qui musclera vos petits bras frêles et malingres par ses tomes de plus de 600 pages et votre cerveau. 

Sur ce, je vais soigner mon cerveau qui se trouve en état de crise assez avancée, ce qui est bien entendu dû au fait que j'ai fini Phobos. A jamais. Pour toujours. 

Et petit conseil d'amie : lisez cette saga avec en fond la Symphonie du nouveau monde de Dvorak. Vos canaux auditifs et votre cerveau, celui-là même que vous allez traumatiser en découvrant cette tétralogie, vous remercieront. 

8 commentaires:

  1. J'hésite à le lire... J'ai adoré le tome 1 et le hors série Origines, j'ai bien aimé le tome 2, mais j'ai été très déçue du 3 je l'ai trouvé gnan-gnan, à limite ne pas reconnaître les personnages, moins bien écrit, vraiment je n'ai pas compris. Et puis je pensais que c'était le dernier tome, donc j'ai été surprise d'apprendre la sortie de ce 4. Mais tu donnes envie et puis, ça me réconciliera peut-être avec cette saga que j'ai tout d'abord ADORÉ!

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    1. Je n'ai pas eu le même ressenti que toi mais je peux deviner les différences qui ont pu te pousser à avoir cet avis-là :/ Je pense quand même que tu devrais tenter le tome 4 (je sais c'est surprenant), ne serait-ce que pour connaître la fin, et surtout parce qu'il me semble que le ton est très différent de celui du reste de la saga, un peu plus sombre et un peu plus "rattaché" au réel... Tu me donneras ton avis haha !

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  2. J'ai envie de lire ta chronique mais noooon je dois attendre d'avoir lu le tome 3, tant pis pour moi !

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    1. Mais siiiiiii tu peux la lire, il n'y a aucun spoiler très chère !

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  3. Il faut que je lise le tome 3, il le faut... Ta chronique reste quand même assez effrayante x)

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    1. Oui je l'admets mais bon hein, faut dire ce qui est, cette saga est cataclysmique x)

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