La lecture d'un roman jette sur la vie une lumière.
— Louis Aragon

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vendredi 8 décembre 2017

Tant que nous sommes vivants d'Anne-Laure Bondoux - Chronique n°386

Titre : Tant que nous sommes vivants
Auteure : Anne-Laure Bondoux
Genre : OLNI (objet littéraire non identifié)
Editions : Gallimard Jeunesse
Lu en : français
Nombre de pages : 298
Résumé : "Nous avions connu des siècles de grandeur, de fortune et de pouvoir. Des temps héroïques où nos usines produisaient à plein régime, et où nos richesses débordaient de nos maisons.

Mais un jour, les vents tournèrent, emportant avec eux nos anciennes gloires. Une époque nouvelle commença. Sans rêve, sans désir.
Nous ne vivions plus qu'à moitié, lorsque Bo entra, un matin d'hiver, dans la salle des machines."

Folle amoureuse de Bo, l'étranger, Hama est contrainte de fuir avec lui. Commence alors pour eux un fabuleux périple à travers des territoires inconnus. Leur amour survivra-t-il à cette épreuve ? Parviendront-ils un jour à trouver leur place dans ce monde ?


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Curieux petit livre que celui-ci. 

Impossible de le classer dans une catégorie : ni tout à fait jeunesse, ni tout à fait littérature générale, le récit navigue entre la richesse d'un conte, l'onirisme du réalisme magique, mais aussi la grandeur d'une tragédie et la noirceur d'un drame. Son ton est intemporel, voire universel, et pourtant extrêmement et délicieusement particulier en même temps : on est aussi touché par le sort des personnages en lui-même que par le message global dans lequel leur parcours s'ancre. 

Tant que nous sommes vivants pose une myriade de questions insolubles sans jamais laisser d'arrière-goût d'inachevé ou de frustration. En nous arrachant à notre normalité, à nos habitudes et autres réflexes de lecteur, pour nous propulser dans un univers étrange et fascinant qui ne manque pas toutefois de points communs avec le nôtre, le roman ne nous fait que mieux réfléchir sur nos propres expériences. 

Ce livre est celui de la dualité dans tout ce qu'elle a de plus évident... et complexe. 
Un homme, une femme. 
Le jour, la nuit. 
Le travail, le repos. 
L'aliénation, la liberté. 
La vie, la mort. 
Le noir, le blanc. 
Le bien, le mal. 

Autant de thèmes qui s'entrechoquent et se répondent, dans un récit d'une grande fluidité, pour rehausser les interrogations qui obsèdent le couple de personnages principaux. Leur quête presque initiatique rencontre de multiples résonances avec la sensibilité de chaque lecteur, une identification facilitée par la plume tout en douceur et en poésie d'Anne-Laure Bondoux. Le roman offre un rythme subtil et presque musical, en démarrant doucement, au rythme d'une sérénade amoureuse, avant de basculer dans les fracas d'une symphonie pour finir dans la légèreté et l'espoir d'une petite comptine. 

Sans doute s'agit-il d'
une parenthèse littéraire assez unique en son genre,  à laquelle on ne peut pas rester indifférent, dans un sens comme dans l'autre. L'atmosphère de Tant que nous sommes vivants est comme un petit cocon dans lequel on peut soit se sentir tout à fait à l'aise, soit étranger. Mais croyez-moi, ce récit un peu bizarre, merveilleux et complètement dépaysant, qui propose un mélange déconcertant mais maîtrisé de naïveté et de maturité, d'ombre et de lumière, mérite que vous lui accordiez une chance. 

10 commentaires:

  1. Tu me donne très envie de le découvrir !!

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  2. Très jolie chronique. Un roman que j'espère bien lire un jour.

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  3. Oh j'ai découvert cette auteure il y a peu... J'aimerai beaucoup la lire davantage et je pense que vu ton avis : je me laisserai tenter par celui-ci ! :D

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    1. J'ai lu deux romans d'elle récemment et c'était une franche réussite :) Et j'ai effectivement préféré celui-ci !

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  4. J'aime bien ton avis :)
    Je l'ai lu il y a quelques années, mais je pense que j'étais un peu trop jeune, parce-que j'ai eu beaucoup de mal. J'aimerais bien me relaisser tenter un jour, pour le redécouvrir ^^

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    1. J'en parlais avec l'auteure qui me disait effectivement que le roman avait été plutôt apprécié par un public 'adulte" que "jeunesse"... Je pense que ça tient beaucoup au côté "sombre" et "bizarre" du récit et au fait qu'il faille faire un effort pour s'habituer à cet univers un peu déconcertant. En tout cas je te souhaite de réussir dans ton nouvel essai ^^

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  5. Ah, le réalisme magique, ça me rappelle mes cours ^^
    Un beau roman, oui :) j'avais parfois eu du mal à le comprendre et parfois j'étais à fond dans cet univers si particulier.

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    1. Oui, c'est un vrai délire haha, et à mon avis on y est soit totalement réfractaire soit totalement enthousiaste !

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