La lecture d'un roman jette sur la vie une lumière.
— Louis Aragon

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samedi 22 octobre 2016

Les Belles Vies de Benoît Minville - Chronique n°257

"Et ils savent que demain, pour la première fois, face au monde qu'on leur impose, ils oseront devenir."

Titre : Les Belles Vies
Auteur : Benoît Minville
Genre : Contemporain
Editions : Sarbacane (collection Exprim')
Lu en : français
Nombre de pages : 233

Résumé : Turbulents, pas vraiment délinquants, ils cumulent les bêtises plus ou moins graves, les rires et les bleus. Vasco est en CFA BTP, Djib passe en première S. Leur dernière rixe est pour tant celle de trop… 

Afin de leur mettre du plomb dans la tête, leurs parents décident d’employer les grands moyens : ils envoient les deux ados dans la Nièvre, le temps d’un été chez un ami du père de Vasco, entrepreneur local qui propose ses services comme famille d’accueil pour la DDASS. 
C’est dans cette campagne éloignée de tout, France profonde dont on parle peu, qu’ils vont rencontrer et se confronter à une autre forme de jeunesse : celle des enfants élevés par celle que tous surnomment « Tata », une femme qui accueille des enfants placés et donne sa vie aux autres.

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Un grand merci aux éditions Sarbacane pour cet envoi !

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J'ai déjà pu constater à deux reprises le talent d'écrivain de Benoît Minville, avec deux romans aux tons bien différents mais tout aussi convaincants l'un que l'autre : Les Géants et Victor Tombe-Dedans sur l'île au trésor : l'un destiné aux jeunes adultes, l'autre aux enfants, mais tous deux saisissants à leur manière.
Dès lors, que fallait-il légitimement répondre lorsque l'on m'a proposé de découvrir un troisième titre ?
Oui, les enfants, c'est bien. OUI.

Les Belles Vies propose de passer un été envoûtant aux côtés de personnages à l'héroïsme pas forcément évident au premier abord, puisqu'il s'agit d'adolescents en proie à des démons tels que la violence ou l'instabilité familiale.
Et pourtant.
Ces adolescents à la situation précaire passent leurs vacances chez Tata et son mari, un vieux couple qui a fait de ces petits protégés leurs petits-enfants de coeur. Certains vivent en leur compagnie depuis plus longtemps que d'autre, mais au cours de cet été, tous sont à égalité. Des rituels se créent, chacun éprouve de plus en plus de plaisir à demeurer dans cette campagne perdue, et surtout, tous apprennent à se connaître, se jaugent tout d'abord, puis laissent place à une merveilleuse spontanéité et à une sincérité touchante.


Le récit est porté par la plume si talentueuse de Benoît Minville, qui trouve un équilibre remarquable entre lyrisme et quotidien, entre réalité et sublime. Oui, c'est bien cela, le terme à retenir pour parler des Belles Vies, sublime, comme enveloppé d'une aura de beauté. Beauté des sentiments, des échanges, même beauté des jalousies et des disputes, car l'on sait bien que ce ne sont que des étapes vers l'acceptation et la découverte de l'autre. 
On tombe en arrêt devant certaines phrases, aux termes toujours bien choisis, à l'émotion palpable, au message juste et inspirant. Je pense notamment à la citation que j'ai placée en tête d'article, devant laquelle je suis restée hébétée un long moment.
Et non, ce n'était pas parce que je n'arrivais pas à en saisir le sens. Je suis peut-être limitée, mais tout de même.

On est vite à court de termes pour qualifier ce voyage, ce retour à la liberté dans ce qu'elle a de plus tangible et admirable. Alors faites confiance aux idées de Benoît Minville, à sa façon de créer des atmosphères, à sa capacité à mettre le doigt sur ce qui peut sembler ne constituer que des détails, mais qui forme en réalité ce qu'il y a de plus grand dans nos existences. Achetez ce bouquin, que diable.

Oui, si on en arrive au stade des expressions désuètes, c'est que je suis vraiment dans un état de transe profond, et donc qu'il faut lire ce roman.

En bref, une plongée sensible et sensuelle dans un été étourdissant, théâtre de la construction de liens humains beaux à pleurer, entre amitié, amour, rivalité et surtout unité. Un récit d'une maturité exceptionnelle, tout en demeurant profondément réaliste et même réel. Les dialogues fusent avec tant de naturel qu'ils en sont presque audibles, les scènes décrites sont si convaincantes que l'on s'y transporte inconsciemment. C'est triste et beau, doux et brutal. C'est une ode à la tolérance et à l'humanité. C'est un coup de cœur, tout simplement...

Note attribuée : 10/10

5 commentaires:

  1. Premier coup de coeur depuis Dangerous Girls ? :p Bon en tout cas il faut vraiment que je renvoie un mail à Sarbacane; je l'avais demandé et jamais reçu et j'ai pas DU TOUT envie de passer à côté !

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    1. J'en avais eu un pour Morning Star entre-temps, mais oui, c'est la première lecture qui me marque à un tel point depuis fooort longtemps ! Ha, ça m'avait fait ça pour Dysfonctionnelle, jamais arrivé, alors je l'avais lu en PDF...

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  2. J'étais certaine que tu allais aimer :D Ce livre est génial.

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    1. Nous sommes une fois de plus sur la même longueur d'onde :)

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  3. Je l'ai reçu de la part de la maison d'éditon donc je vais bientôt le lire. Il n'a que d'excellents avis ce livre, j'ai l'impression, alors j'ai hâte :D

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