La lecture d'un roman jette sur la vie une lumière.
— Louis Aragon

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samedi 9 juin 2018

Chroniques burlesques d'une journaliste de Stéphanie Janicot et Catel - Chronique n°417

Titre : Chroniques burlesques d'une journaliste
Auteure : Stéphanie Janicot
Illustré par : Catel
Genre : Contemporain
Editions : Michel Lafon
Lu en : français
Nombre de pages : 165
Résumé : Au fil de l’année qui défile et des articles de Jazz, nous vivons les temps forts des événements culturels en France. Jazz est journaliste pour les pages culture d’un hebdo.Son chef de service, Aaron, a une fâcheuse tendance à lui refiler les sujets dont personne ne veut. Mais qu’à cela ne tienne, Jazz ne manque pas d’audace et d’humour. Elle arrive toujours à relever le défi pour écrire ses papiers. Des incontournables Victoires de la musique, au train du cholestérol de Brive La Gaillarde, Jazz va de rencontres en surprises, côtoyant tour à tour Francis Ford Coppola, Benjamin Biolay, Amélie Nothomb et bien d’autres stars.

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Un grand merci aux éditions Michel Lafon et en particulier à Camille pour cet envoi !

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Je ne m'attendais sans doute pas au bon livre. 
D'après le résumé, j'espérais une véritable plongée dans le milieu journalistique, dans l'essence de la profession, dans son actualité difficile, sa concurrence permanente, ses crises, mais aussi ses accomplissements. 

Et il y a de ça dans ce livre. 
Mais bien trop peu.
Voire pratiquement pas.

Ce roman graphique - et non pas BD comme je l'ai cru - offre ainsi un contenu assez décevant et surtout beaucoup trop superficiel. L'auteure se concentre avant tout sur la vie de mère célibataire de Julia, surnommée Jazz, pigiste dans un hebdomadaire national, et la majorité du récit présente son quotidien, ses espoirs et déceptions, n'instillant qu'au second plan quelques éléments sur la profession de journaliste, plus particulièrement en tant que femme à l'emploi précaire. 

C'est une histoire qui se lit très vite, avec un certain plaisir procuré par la qualité des dessins de Catel - rien de nouveau sous le soleil, son talent n'est plus à prouver - et celui de l'objet-livre même, ainsi que d'une certaine légèreté et fluidité de la narration. Pour le reste, hélas, le format de quelques pages consacrées à chacun des douze mois de l'année est bien trop restreint pour aboutir à une intrigue véritablement prenante ou à un aperçu pertinent de l'environnement de Jazz. Les ingrédients étaient là, on sent l'expérience de l'auteure dans les piques d'ironie qu'elle adresse au milieu journalistique, mais ce n'est hélas rien que de très survolé. Je pense notamment au personnage de la journaliste en charge de la rubrique "livres", une snob littéraire comme on n'en fait plus qui méprise les titres qui appartiennent à ce qu'elle considère être des sous-genres, et envoie ainsi à sa place Jazz à un festival de littérature New Romance. Il y a bien sûr quelques bribes de réflexion sur la multiplicité de la littérature, de ses publics, mais cela ne dépasse jamais le stade de prémisse ou d'anecdote, et vire même à la caricature qui peut être blessante pour d'éventuels amateurs du genre, à coups de "on ne va quand même pas parler de ça pour la rentrée littéraire" ou "ce n'est pas de la vraie littérature". Dommage pour un roman qu'on verrait justement bien se montrer ouvert d'esprit et porter des messages plus positifs. 

On peut penser à d'autres exemples de ces débuts avortés d'intrigues pertinentes, comme le comportement sexiste du patron de Jazz qui considère qu'elle a naturellement moins d'ambitions et de capacités que d'autres parce qu'elle est mère... sans que ce thème éminemment politique et actuel ne dépasse le stade d'élément de fond, de constante qu'on ne remet pas tellement en question au-delà du "vraiment pas cool ce patron". 

Je ne vais donc pas faire de faux procès à cet ouvrage qui se tient pour ce qu'il est au motif qu'il ne correspondait pas à mes attentes, ce serait injuste et absurde. On peut donc retenir de ce roman qu'il s'agit d'une lecture légère et agréable, sans prise de tête, avec un vrai travail de composition et de graphisme, qui constituera un bon moment de divertissement, mais vraiment pas d'un texte plus introspectif, ni porteur d'une réflexion globale sur la profession de journaliste. L'intrigue ne porte pas d'enjeu à proprement parler, le ton est à l'anecdote plutôt qu'au romanesque, mais ce n'était pas l'objectif initial du roman, ne prenez donc pas ma déception personnelle pour une dévaluation totale du travail des deux autrices. A vous de voir donc... même si vous comprendrez bien que je ne serai pas la première à vous le recommander. 

1 commentaire:

  1. Je ne connaissais pas ce livre mais je ne sais pas si il pourrait me plaire. Merci pour la découverte en tout cas :)

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