La lecture d'un roman jette sur la vie une lumière.
— Louis Aragon

-

Dernières chroniques...

Dernières chroniques...

histoire_de_la_violence_1 aspirine vernon_1 en_finir_avec_eddy Le_Gouffre my_sister_my_love le_mythe arr_te

dimanche 25 février 2018

Tout le pouvoir aux Soviets de Patrick Besson - Chronique n°401

Titre : Tout le pouvoir aux soviets
Auteur : Patrick Besson 
Genre : Historique | Contemporaine
Editions : Stock
Lu en : français
Résumé : Marc Martouret, jeune banquier né d'une mère russe antisoviétique et d'un père communiste français, porte en lui ces deux personnes énigmatiques dont on découvrira les secrets tout au long du roman qui nous emmène du Paris de Lénine en 1908 au Moscou de Poutine en 2015, ainsi que dans l'URSS de Brejnev pour le cinquantième anniversaire d'octobre 17. L'épopée révolutionnaire, ses héros et ses martyrs, ses exploits et ses crimes, ses nombreuses ambiguïtés, sont ressuscités au fil des pages. 

-----------------------------------

Un grand merci aux éditions Stock et à Babelio pour cet envoi !

-----------------------------------

Difficile de faire la critique d'un écrivain du gabarit de Patrick Besson, qui est tout de même précédé par une oeuvre prolifique, et dont il s'agit du tout premier roman que je découvre. Et si je ne peux que reconnaître des qualités indéniables notamment dans l'écriture et le style, force est d'admettre que je n'adhère pas complètement à ce roman dense, complexe, et oui, quelque peu déstabilisant. 


L'histoire croise trois récits, à trois époques différentes, avec trois rapports différents à la Russie et à sa culture. Le premier point de vue est celui de Marc, jeune banquier français en déplacement en Russie qui tombe sous le charme de la très énigmatique Tania ; le second est celui de son père, communiste convaincu que, ô coïncidence, la mère de Tania a très bien connu ; le dernier enfin, le moins présent, est le testament littéraire du grand-père de Tania, écrivain "au service" du régime soviétique. 

Le principal obstacle à la parfaite compréhension du récit réside dans la complexité de ce roman - ce qui peut à bien des égards être un atout, mais qui peut ici en gêner véritablement certains dans leur lecture. Au-delà du fait que l'on se perd entre les différents points de vue, il semble difficile pour un lecteur sans connaissances poussées sur l'URSS de profiter pleinement de ce roman parcouru d'ellipses, de court-circuits narratifs et de structures compliquées. On va et vient dans le temps sans repères clairs, on met plus de la moitié du roman à commencer à voir où l'auteur veut en venir, on peine à s'attacher à ces personnages atypiques et changeants. La clé réside sans doute dans le fait de se laisser porter, d'accepter de ne pas tout saisir du premier coup... Mais difficile de passer le cap de certains passages.

Le style se révèle également très particulier, extrêmement soigné, presque théâtral dans ses dialogues qui claquent de façon parfois un peu artificielle, mais néanmoins indéniablement prenant, notamment grâce à ses piques permanente d'ironie et de sarcasme de la part du narrateur et de ses personnages. 
On apprend beaucoup grâce à ce récit, à coups d'anecdotes, de réflexions et de prolongement savamment injectés dans les dialogues des personnages, et on finit par se prendre au jeu auquel Besson joue avec son public. 

Votre rapport à ce roman dépendra donc de votre adhésion à l'écriture et à la démarche assez uniques de Patrick Besson, qui ne s'embarrassent ni de détails superflus, ni de contextualisation pesante. On va droit à l'essentiel, avec le risque d'en perdre certains, pour atteindre avec fracas un propos intéressant sur l'amour, la création littéraire, l'intégrité... et la façon dont tous trois peuvent coexister. 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire